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Fortes inégalités sociales face au risque de survenue d’un accident vasculaire cérébral

9 Février 2022
Rémi Lepage
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En 2019, 123 000 personnes ont été hospitalisées pour un AVC. Les accidents vasculaires cérébraux représentant une cause importante de handicap et constituent l’une des principales causes de mortalité.



La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) publie une nouvelle étude sur la survenue des accidents vasculaires cérébraux (AVC), leur fréquence, la prise en charge et les séquelles selon le niveau de vie des personnes. À partir des données appariées de l’échantillon démographique permanent et des données de santé (EDP-santé), cette étude décrit les inégalités sociales de santé relatives aux AVC : un taux de survenue plus important chez les personnes au niveau de vie le plus modeste, une moindre prise en charge dans les unités spécialisées neuro-vasculaire (UNV), des séquelles plus importantes à la sortie de l’hospitalisation et à l’inverse, un risque de décès à 1 an plus faible chez les personnes les plus aisées. Le risque de survenue d’un AVC est plus élevé parmi les personnes au niveau de vie le plus modeste Entre 2014 et 2017, la fréquence de survenue d’un accident vasculaire cérébral parmi les personnes appartenant aux 25% les plus modestes est 40 % plus élevée que parmi celles appartenant aux 25 % les plus aisées. Ces disparités varient selon l’âge : plus faibles avant 45 ans, c’est parmi les 45-64 ans qu’elles sont le plus marquées avant de s’estomper aux grands âges (85 ans ou plus) (cf. Graphique). Parmi les 45-64 ans, le taux de survenue est presque deux fois supérieur chez les plus modestes par rapport aux plus aisés.

Un risque de séquelles plus élevé parmi les personnes les plus modestes

Fortes inégalités sociales face au risque de survenue d’un accident vasculaire cérébral
La prise en charge hospitalière diffère selon la gravité de l’état de santé du patient et du type d’accident vasculaire cérébral. Dans le cas des AVC ischémiques (liés le plus souvent à une occlusion d’une artère cérébrale par un caillot de sang), les services les plus adaptés sont les unités neuro-vasculaires (UNV). Entre 2014 et 2017, seulement 52 % des patients ayant eu un AVC ischémique ont été pris en charge en UNV. Un faible niveau de vie est associé à une chance moindre d’être pris en charge en UNV à âge, sexe et nombre de lits dans le département comparables : les personnes les plus modestes ont 10 % de chances en moins d’être accueillies dans ces unités. De même, ces chances diminuent avec l’âge, ce constat pouvant être relié à l’offre de soins en lits d’UNV : le nombre de ces lits étant limité, ils seraient réservés en priorité aux patients les plus jeunes.

Après un AVC, plusieurs séquelles peuvent survenir dont les plus fréquentes sont la paralysie et les troubles du langage. Appartenir aux 25 % des personnes les plus modestes augmente le risque de 22 % de paralysie qui persiste au-delà de 24 heures. De même pour les troubles du langage où le risque est accru de 11 % chez les plus modestes par rapport aux personnes appartenant aux 25% les plus aisées.

Un risque de décès un an après l’AVC plus faible parmi les plus aisés

27 % des patients décèdent dans l’année qui suit leur AVC avec une différence notable selon le type d’AVC : le pourcentage s’élève à 41 % pour les AVC hémorragiques contre 23 % pour les AVC ischémiques. Si l’on compare le risque de décès à caractéristiques démographiques comparables (âge, sexe, vivre seul, état de santé et type de prise en charge), il apparait qu’un niveau de vie élevé est associé à une diminution de 11 % du risque de décès à un an. Parmi les AVC ischémiques, la diminution du risque de décès à un an parmi les plus aisés est de 13 %.



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