SNCF : les TGV déraillent

19 Janvier 2010
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SNCF : les TGV déraillent
Longtemps considérés comme la vache à lait du groupe, les TGV commencent à perdre de la vitesse. Tendance qui n’arrange pas la situation du groupe confronté à la baisse des transports de marchandise et à l’ouverture du marché à la concurrence. Résultat, le bouclage du budget 2010 de la SNCF, qui doit être examiné le mercredi 19 janvier, pose problème.

Tous les indicateurs sont au rouge

La branche grandes lignes SNCF Voyages devrait voir son taux de marge opérationnelle tomber à 10,2 % en 2010, contre 20,1 % en 2008. Avec la crise, le chiffre d’affaires du pôle a diminué de 1,4 % en 2009, contre une croissance de 8 % en 2008. En 2009, 20 % des TGV généraient des pertes. En 2010, ce taux pourrait atteindre 30 %.

Et pour cause, le taux d'occupation des TGV s’est effondré. Après un taux record de 77 % en 2008, il devrait difficilement atteindre les 75 %. Pour 2010, les premières prévisions ne sont pas bonnes. Selon la SNCF, le nombre de voyageurs devrait baisser de 3,6 % en 2010. Pour faire face à cette tendance, le groupe français n’a pas le choix. Il devra baisser le nombre de TGV en circulation.

Réduction du service pour améliorer le remplissage

Les lignes les moins rentables seront les premières à en payer le prix. Le plus souvent, il s’agit des axes inter-régions ne passant pas par Paris. Ainsi, les premières concernées seront Lille-Strasbourg, Nantes-Strasbourg et Bordeaux-Strasbourg. Mais le groupe français a déjà réagi. Sur certaines lignes, il a réduit le nombre de trains durant les périodes précédant ou suivant les heures de pointe afin de mieux remplir les rames pendant les périodes les plus chargées. Certaines liaisons, comme le Rouen-Lyon, ont déjà perdu deux TGV le week-end.

Les prochaines mesures pourraient être plus radicales. L’objectif est d’atteindre une réduction de 60 à 80 millions d’euros de déficit. De leur côté, les employés de la SNCF craignent une vague de licenciement. En 2010, la SNCF pourrait supprimer près de 1 400 postes. Les syndicats ont déjà annoncé une journée de grève nationale pour le mercredi 3 février.

La concurrence risque de remettre le service public en cause

L’arrivée de la concurrence sur les lignes les plus rentables ne va pas arranger les choses. Dès 2012, Véolia devrait être le prochain concurrent direct de la SNCF. Mais seulement sur les lignes reliant deux Etats européens puisque la directive européenne du 13 décembre 2009 ouvre à la concurrence uniquement le trafic international. Pour la SNCF, cette ouverture est problématique puisqu’elle concerne ses lignes les plus rentables.

Selon Le Figaro, la baisse des prix pourrait atteindre près de 30 %. Si, sur le court terme, cette baisse va profiter aux consommateurs, elle pourrait devenir plus problématique sur le long terme. En effet, privée d’une manne financière importante, la SNCF sera contrainte d’augmenter les tarifs sur les autres lignes. Pire encore, elle pourrait être amenée à supprimer les liaisons les moins fréquentées. Un résultat qui va à l’encontre du service public.




1.Posté par Amexour le 20/01/2010 18:14

Le souci avec le TGV, et la LGV, je crois, c'est qu'il est au centre d'une grande problématique contemporaine, de grande ampleur.

Avec d'un côté la question du progrès, lui même enclin à faire nous interroger sur la réalité de l'espace temps, sans cesse réduisant les délais de transport, avec tout ce que cela peut impliquer d'un côté, et des échanges humains de l'autre continuellement déséquilibrés et inégalitaires.

Déséquilibre d'une part, et de fait entre une population profitant du progrès et de l'autre, une frange se trouvant démunie et souvent privé d'un service pourtant nécessaire à bien des égards (pollution et engorgement des flux routiers et isolement du fait de l'absence du service ferroviaire).

Avec les transports transnationaux, en l'occurrence européens, pour ce qui nous intéresse ici, une autre vision avec le fait même d'une politique offensive et d'ordre de la responsabilité Étatique. Les transports devraient être une réalité publique, et en ce sens qu'il devrait être du devoir régalien par excellence de s'en charger ; pour exemple la conséquence de la privatisation de l'Autoroute, une flambée absolue et constante des tarifs, et une délocalisation d'une partie de la population sur les routes nationales, l'afflux souvent très préoccupant des camions sur nos routes départementales...

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