ECONOMIE ET SOCIETE

Quelles perspectives d’investissement en Asie ?

24 Août 2016
Mark McFarland
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​Le contexte de taux d’intérêt américains bas est favorable aux obligations et aux devises asiatiques.



Dans l’hypothèse d’une poursuite des perturbations dues aux négociations du Royaume-Uni sur les conditions de sa sortie de l’UE, la stratégie la plus appropriée est de maintenir une légère préférence pour les obligations par rapport aux actions au sein des marchés émergents. Les obligations souveraines et les obligations d’entreprises de ces régions affichent une bonne tenue, profitant notamment de la baisse de l’inflation (par exemple en Indonésie) et de la stabilisation des devises. Ainsi, pour le second semestre, notre principale stratégie consiste toujours, d’une part, à identifier les opportunités de génération de valeur et, d’autre part, à ne pas trop réduire le niveau de risque en portefeuilles, pour pouvoir participer aux phases de reprise dès lors qu’elles se présentent.

Valeurs refuges

Cela passe notamment par un mouvement de réallocation au sein de la poche actions: il s’agit de réduire les positions détenues sur les marchés européens, pour renforcer l’allocation en Asie-Pacifique (l’Inde et la Corée du Sud offrent un réel potentiel de valeur et de croissance) ainsi qu’aux États-Unis, en raison de la profondeur du marché. Quand des craintes structurelles gagnent les marchés – comme ce fut le cas en Europe en 2011 et 2012 –, l’augmentation de l’exposition aux actions américaines est justifiée du fait de leur statut de valeurs refuges. En outre, la détention d’or peut être appropriée à des fins de couverture face au risque géopolitique. S’agissant des obligations et des devises asiatiques, le contexte de taux d’intérêt américains «bas pour longtemps encore» est propice aux obligations non bancaires, et il en sera probablement de même pour les devises une fois que les marchés auront réagi aux mesures de relance des gouvernements. Quelle stratégie d’allocation sur le marché chinois ?

Ces neuf derniers mois, les institutions ont été nombreuses à avoir une vision négative sur les actions et les obligations chinoises. Le manque de clarté de la part de Pékin quant à sa politique industrielle et à ses politiques de change et de restructuration bancaire a conduit nombre d’allocataires d’actifs à détenir moins de titres chinois que la normale. Les actions – en particulier celles du secteur bancaire – semblent onéreuses au regard du niveau de dette des banques et de leurs prêts non performants (même si les valeurs bancaires chinoises assurent des paiements de dividendes intéressants). Les anticipations du consensus en termes de valorisations n’ont semble-t-il pas complètement été ajustées par rapport au ralentissement de la croissance, et il existe donc encore un risque qu’elles soient revues à la baisse en 2017.

Sélectionner des instruments ou des secteurs spécifiques

Quant aux obligations, qui ont connu des années particulièrement positives, elles sont désormais moins prisées. La faiblesse des prix des matières premières a en effet pesé sur les perspectives de croissance bénéficiaire, tandis que le lourd fardeau de l’endettement des entreprises chinoises pose des questions de soutenabilité financière. Selon Bloomberg, la dette des entreprises chinoises a atteint 165% du PIB à fin 2015. Le rythme des échéances de remboursement des entreprises sera particulièrement soutenu au cours des neuf prochains mois. L’évolution du renminbi, des taux d’intérêt américains et du dollar US aura une incidence significative sur les marchés obligataires chinois. Aujourd’hui, il y a peu d’intérêt à détenir des obligations libellées en renminbi.

Les rendements sont essentiellement annihilés par les coûts de couverture; l’obligation gouvernementale chinoise 10 ans offre un rendement de 2,85%, soit un rendement net couvert très modeste, avec un risque de duration. L’obligation à 2 ans offre, elle, un demi pour cent de moins de rendement, pour un risque de duration plus faible. En ce qui concerne le crédit libellé en dollar US, une sélection de titres spécifiques reste indispensable – notamment au profit d’obligations qui affichent un fort potentiel bénéficiaire et un service de la dette rigoureux, et dont les sociétés émettrices ne sont pas sensibles aux taux d’intérêt américains et à l’évolution du dollar. Il existe toujours des opportunités sur les marchés d’actions et d’obligations chinois mais, sur le reste de l’année 2016, c’est la qualité de l’allocation d’actifs qui sera véritablement déterminante : il faudra ainsi sélectionner des instruments ou des secteurs spécifiques au sein de ces deux classes d’actifs, plutôt que d’arbitrer entre des positions en obligations ou en actions.

A propos de l'auteur : Mark McFarland est chef économiste Asie chez Union Bancaire Privée.


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