Le rééquilibrage entre télétravail et présence au bureau largement amorcé

6 Septembre 2023
Rémi Lepage



Dans son étude 2023 sur le travail hybride menée par YouGov, Comet confirme une tendance post-covid : celle du bureau qui redevient LE lieu de la socialisation professionnelle. En effet, 43 % des salariés français interrogés indiquent s’y rendre d’abord pour se réunir avec leurs collègues. 62% des Français interrogés plébiscitent désormais l’utilité des réunions, quand en juillet 2022, ils étaient 86% à être confrontés à des réunions inutiles. L’étude met cependant en évidence les effets délétères du télétravail : 39% des Français, 37% des Belges et jusqu’à près de 50% des Espagnols affirment que le travail seul et à distance peut nuire à leur épanouissement individuel et professionnel. Cette étude présente ainsi une feuille de route intéressante pour les DRH et managers d’entreprises en matière d’améliorations à apporter à l’organisation actuelle du travail.
 
 

Les réunions retrouvent leur utilité, à condition d’être repensées

Point positif ressortant de cette étude : la réunionite à la française semble en perte de vitesse, et la professionnalisation de l’organisation de ces temps de partage pourrait être à l’origine de ce changement, couplée à une cure d’amaigrissement probable des temps dédiés aux réunions. Alors qu’en juillet 2022 (Vague 1 de l’étude), 86% des répondants indiquaient être confrontés à des réunions ne se révélant pas toujours utiles, la réalité de 2023 semble moins catastrophique. Une majorité des Français (62%), des Espagnols (près de 80%) et des Belges (63%) plébiscitent désormais l’utilité des réunions dans un cadre professionnel. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils les apprécient telles qu’elles existent aujourd’hui : comme en juillet 2022 (73%), ils sont toujours près de 71% toutes nationalités confondues à considérer que leur entreprise devrait s’investir dans l’amélioration de ces temps chronophages et mal investis.

Le bureau doit être repensé pour la qualité de vie au travail

Un autre enseignement de l’étude réside dans les attentes des salariés face à cet espace en mutation. Si 38% des salariés français interrogés déclarent s’y rendre pour bénéficier de davantage d’interactions avec leurs collègues, 34% indiquent aussi qu’ils y disposent de plus d'équipements que chez eux. C’est une preuve que les équipements professionnels, des bureaux aux salles de réunions en passant par les lieux informels ou de restauration restent des ingrédients importants pour l’expérience. Les difficultés rencontrées par le secteur de l’immobilier de bureau accréditent d’ailleurs ce diagnostic : les espaces de travail cristallisent beaucoup d’attentes et méritent donc d’être adaptés et repensés pour retrouver leur attractivité. Ils se reconnecteront ainsi à un besoin professionnel primaire : celui de collaborer dans des conditions optimales.
 
La possibilité de se réunir avec des collègues, d’entretenir ou créer du lien sont les trois principales raisons pour lesquelles les Français, les Belges et les Espagnols se rendent au travail. Dans un contexte où de plus en plus d’entreprises se tournent vers une organisation hybride, ce constat est utile à considérer : moins fréquenté, le bureau demeure le premier terreau des liens sociaux et collaboratifs.
 

Rémi Lepage