Economie et société - Les clés pour comprendre l'actualité

1 propriétaire sur 3 renonce aux locations de courte durée dans les grandes agglomérations

8 Octobre 2020
Antoine Balduino
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Une étude exclusive sur le sujet, réalisée par PAP, entre le 8 et le 18 septembre 2020, auprès de 2.348 propriétaires de locations meublées touristiques situées dans des grandes agglomérations françaises et louées via des plateformes spécialisées indique qu'un propriétaire sur trois se détourne, d'ores et déjà, de ce type de location. Et révèle leurs stratégies pour l'avenir...
 
 
 

Sur les 6 derniers mois, parmi les propriétaires qui louent en court-séjour dans une grande agglomération française.

Paris & IDF

Autres agglos

Total France

J'ai arrêté depuis le début de la crise sanitaire

12 %

6 %

9 %

Je suis certain d'arrêter dans un proche avenir

26 %

21 %

24 %

Je me pose la question compte tenu de la durée de la crise sanitaire

25 %

19 %

21 %

Je ne sais pas

8 %

9 %

9 %

Non, je vais continuer

29 %

45 %

37 %

TOTAL

100 %

100 %

100 %

 

A l'échelle nationale, un propriétaire sur trois se détourne ou est en passe de le faire, de la location en court-séjour touristique via une plateforme spécialisée. En effet, 9 % ont déjà arrêté en raison des effets de de la crise sanitaire et 24 % envisagent de le faire à brève échéance.

 

Parallèlement, 21 % commencent à se poser sérieusement la question, tandis que 9 % sont indécis et 38 % souhaitent, pour l'heure, poursuivre.


Nette différence entre la région parisienne et les agglomérations de province

Dans le détail, on distingue des différences significatives selon que les biens sont situés à Paris et en Ile-de-France ou dans l'une des agglomérations de province : 12 % ont déjà retiré leurs bien de ce marché à Paris et en Ile-de-France contre seulement 6 % en province. Et 26 % sont certains d'arrêter dans un proche avenir en région parisienne contre 21 % dans les autres agglomérations.

 

On note également chez les propriétaires qui commencent à se poser sérieusement la question de poursuivre ou non, compte tenu de la durée de la crise sanitaire, une différence selon l'implantation géographique du bien puisqu'ils sont 25 % à s'interroger pour l'Ile-de-France contre 19 % pour la province.

 

A l'opposé, on retrouve également des différences chez ceux qui, pour l'heure, envisagent de continuer à louer de cette façon : 29 % déclarent vouloir continuer pour l'agglomération parisienne contre 45 % pour les autres agglomérations françaises.

Cette dichotomie
Paris Vs province s'explique aisément. D'une part, Paris est davantage impacté par la chute des réservations qui étaient alimentées tant pas le tourisme international que par le tourisme d'affaire (ce qui n'est pas autant le cas en province). D'autre part, Paris ne bénéficie pas du report des séjours de la clientèle française, comme cela a pu être le cas au cours de l'été 2020, dans d'autres agglomérations françaises, notamment Nice, Toulon, Marseille, Montpellier, Bordeaux mais aussi Toulouse ou Strasbourg.


Le manque de réservation est invoqué dans 64 % des cas

 

 
 
 

Parmi les propriétaires qui ont arrêté, envisage de le faire prochainement ou se posent la question de poursuivre : quelles en sont les raisons ?

(Plusieurs réponses possibles)

Paris & IDF

Autres agglos

Total France

En raison du manque de réservations

70 %

58 %

64 %

A cause de la complexité logistique (remise de clefs, ménage de fin de séjour, ...)

37 %

48 %

42 %

A cause des contraintes réglementaires spécifiques à ce type de locations

42 %

36 %

39 %

En raison de dégradations et/ou troubles du voisinage

22 %

32 %

27 %

Plusieurs réponses possibles : total supérieur à 100 %

-

-

-

 

 

Sans surprise, le manque de réservations domine largement les réponses puisque cet argument est cité dans 64 % des cas. Avec une nouvelle fois des différences selon l'emplacement du bien : 70 % à Paris et en Ile-de-France invoquent cette raison contre 58 % en Province.

 

Mais on constate que ce n'est pas la seule raison pour laquelle les propriétaires souhaitent abandonner la location de courte durée. La crise sanitaire s'ajoute à une série d'autres problèmes. Ainsi, la complexité logistique est évoquée par 42% des propriétaires, tandis que les contraintes réglementaires sont évoquées par 39% d'entre eux. Les dégradations, enfin, sont évoquées par 27% des propriétaires.

 

Là encore, des disparités existent entre Paris et la Province. A Paris et en Ile-de-France, les contraintes réglementaires ressortent plus fortement, à 42% contre 36% en province. Les politiques menées en particulier par la ville de Paris participent donc fortement au désenchantement des investisseurs parisiens.

 

Inversement, la complexité logistique propre à ce type de locations (remise de clefs, ménage de fin de séjour) est davantage citée pour les biens en régions avec 48 % contre 37 % en Ile-de-France.


L'absence de recettes locatives est d'autant plus problématique qu'une majorité de propriétaires a investi à crédit

D'où vient le bien loué ?

Paris & IDF

Autres agglos

Total France

Acheté à crédit avec moins de 30 % d'apport

36 %

38 %

37 %

Acheté crédit avec plus de 30 % d'apport

17 %

21 %

19 %

Acheté comptant ou reçu en héritage

23 %

26 %

25 %

Le bien était déjà loué auparavant

24 %

15 %

19 %

TOTAL

100 %

100 %

100 %

 

On apprend parallèlement, qu'à l'échelle nationale, 56 % des propriétaires ont eu recours à un crédit spécifiquement en vue de ce type d'investissement parmi lesquels 37 % l'ont fait avec un apport de moins 30%. Ce qui sous-entend des échéances à rembourser en face desquelles l'absence de recette locative devient réellement problématique. Une situation qui est tout aussi vraie en Ile-de-France (36 % d'achat à crédit avec un apport de moins de 30 %), qu'en régions (38 %).

 

Parmi-ceux qui disposaient déjà du bien, 19 % indiquent qu'ils le louaient déjà auparavant. Et on retrouve là aussi, une distinction entre Paris et la province puisqu'ils sont 24 % en Ile-de-France et seulement 15 % en province. Des chiffres qui confirment, en partie, l'assèchement du marché locatif dans certaines communes.

 




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