Pêche : les problèmes persistent

24 Mai 2010
Franck Stassi
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Mercredi dernier, Nicolas Sarkozy recevait les représentants du secteur de la pêche. Le projet de loi de modernisation pour l'agriculture et la pêche, examiné en ce moment au Sénat, prévoit l'institutionnalisation du dialogue entre scientifiques et pêcheurs, la réforme de l'organisation professionnelle et la clarification des compétences entre comités et organisations de producteurs pour mieux gérer la ressource. Selon le président, "cela favorisera l'émergence d'une interprofession pour renforcer l'organisation économique du secteur".



Pêche : les problèmes persistent
Au niveau communautaire, Nicolas Sarkozy a dit qu’il défendrait « une réforme ambitieuse de la Politique commune des pêches pour 2012, par le renforcement d'une gestion durable des pêches, en s'opposant à la généralisation des quotas individuels transférables, et en favorisant une plus grande régionalisation des décisions de gestion de la pêche ». Malheureusement, les promesses étaient déjà les mêmes il y a deux ans. Espérons que cette fois ci les résultats soient plus proches de ce qui a été annoncés.

Article publié pour la première fois le 23/05/2008

Parti des Sables-d’Olonne (Vendée) il y a une dizaine de jours, le mouvement entamé par les pêcheurs pour protester contre la flambée des prix du carburant connaît des origines plus profondes. Des conditions financières de plus en plus difficiles et des réglementations émanant de Bruxelles de plus en plus contraignantes. Face à ces différents facteurs, les pouvoirs publics peinent à trouver de réelles solutions.

Derrière la hausse des prix du gazole, une crise structurelle

"J’ai demandé au gouvernement d’examiner la situation individuelle des entreprises de pêche en difficulté, et d’adapter dans les prochains jours des mesures. Vous connaissez mon attachement profond à votre secteur, qui participe de l’identité de notre pays avec ses trois façades maritimes. Vous pouvez compter sur ma détermination pour défendre les intérêts de ce secteur essentiel à l’économie de notre littoral", a indiqué Nicolas Sarkozy dans une lettre envoyée mardi à Pierre Georges Dachicourt, président du Comité des pêches maritimes.

"Une première aide d’urgence a été versée à plus de 1 320 navires pour un total de 8,6 millions d’euros. Un plan de restructuration de la flotte a été engagé pour près de 42 millions d’euros. Enfin des indemnisations pour arrêt temporaire des navires qui pêchent l’anchois ont été versées pour 2,5 millions d’euros", rappelle le chef de l’Etat, qui tente de temporiser la situation avant une rencontre entre des marins pêcheurs et le ministre de la Pêche Michel Barnier prévue mercredi. Conséquence de la flambée des cours du pétrole, le gazole détaxé peine à conserver un caractère avantageux. Son prix a doublé en un an et a progressé de 20 centimes par litre en l’espace de six mois.

Des payes négatives

Les matelots, qui pour la plupart participent aux frais engendrés par la pêche, vont jusqu’à se retrouver avec des "payes négatives". Compte tenu des quantités pêchées, réglementées à l’échelle de l’Europe, de l’augmentation des charges (le gazole va jusqu’à représenter la moitié du chiffre d’affaires) et d’un prix du poisson qui baisse en regard de la concurrence étrangère, la profession est une nouvelle fois dans la tourmente. Les consommateurs peinent à percevoir les signes de cette baisse en raison du nombre d’intermédiaires (entre la criée et l’étal des grandes surfaces, qui écoulent 70% du poisson français, le prix peut doubler).

Selon des données publiées par Le Monde, on compte aujourd’hui moins de 5 200 navires en métropole, contre plus de 10.000 en 1989. La reprise des exploitations s’avère difficile, avec des conditions de travail délicates et d’importants efforts de gestion. Le prix du carburant fait partie des problèmes récurrents rencontrés par la profession. L’instauration, en 2004, d’un "fonds gazole" constituait un début de réponse, mais la mesure a été retirée l’an dernier en raison d’incompatibilité avec la législation européenne sur les aides versées par les Etats. L’idée d’un chèque carburant est de ce fait aussi à exclure. Mais au-delà d’annonces immédiates pour résoudre cette crise, c’est un plan d’action sur la durée et sur l’ensemble de la filière qui doit être réfléchi.


Franck Stassi

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