Bonus : la crise n’aura donc servi à rien

7 Février 2011
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Bonus : la crise n’aura donc servi à rien
Début 2009, les dirigeants des pays développés unissaient leurs voix pour contrôler les bonus. Deux ans plus tard, force est de constater que ce n’était que des paroles dans le vent. Les banques ont su contourner leur pratiques pour s’adapter aux quelques mesures prises. Ainsi, en 2010, malgré des résultats mitigés, l'enveloppe des bonus et rémunérations des cinq premières banques américaines a augmenté de 4 % à 119 milliards de dollars, selon Reuters. Seul espoir : la modification des pratiques. La plupart des firmes ont différé de plusieurs années le paiement des bonus en actions et augmenté sensiblement la part des salaires fixes. L’objectif est d’encourager leurs employés à se concentrer sur leurs performances à long terme.

Article publié pour la première fois le 06/02/2009

"Si nous n'agissons pas maintenant, la crise se transformera en une catastrophe, une longue récession, une reprise moins robuste et un futur plus incertain. (…) Afin de restaurer la confiance, nous devons être certains que l'argent des contribuables ne subventionne pas des salaires excessifs à Wall Street. Nous devons être responsables. Ceci inclut les dirigeants des firmes financières qui se sont tournés vers le peuple, le chapeau à la main, quand ils étaient dans l'embarras, même lorsqu'ils se sont octroyés leurs habituels et somptueux bonus. J'ai dit la semaine dernière que c'était le summum de l'irresponsabilité. C'est honteux. C'est exactement cette sorte d'indifférence vis-à-vis du coût et des conséquences de leur attitude qui a déclenché la crise : une culture d'intérêt personnel étroit et un gain à court terme aux dépens de tout autre chose. Que les dirigeants s'accordent ce type de bonus en période de crise économique n'est pas seulement de mauvais goût. C'est une mauvaise stratégie et je ne le tolérerai pas en tant que président" a déclaré Barack Obama lors de son discours sur les rémunérations des patrons aidés par l’Etat.

Des mesures trop timides

Après l'octroi de 18,4 milliards de dollars de bonus l'an passé sur la place financière new-yorkaise, les nouvelles règles tranchent avec les habitudes. Le salaire annuel des dirigeants est dorénavant limité à 500 000 dollars. Toute compensation supplémentaire ne pourra être concédée que sous forme d'actions « restreintes » qui ne pourront être cédées qu'une fois que l'aide du gouvernement aura été remboursée. Les actionnaires auront le droit de voter sur les rémunérations mais leur avis ne sera que consultatif. S'il s'avérait qu'un des 20 premiers dirigeants ait menti sur des informations financières ou des mesures de performances de l'entreprise utilisées pour calculer sa rémunération, des mesures permettront de récupérer les compensations accordées. Les parachutes dorés seront réduits à l'équivalent d'un an de salaire. Enfin, les administrateurs devront approuver les dépenses somptuaires (avions privés, décoration de bureaux et loisirs en tout genre). Du côté des capitalistes, on craint une fuite des talents.



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