Pétrole : le début de la fin

12 Avril 2011



Nous avons, en 2009, atteint le pic de production en matière de pétrole. La production ne peut maintenant que décroître, alors même que la croissance de l’économie mondiale a retrouvé un train de 4,5 %”. Cette phrase choc a été déclarée, le 5 avril, par notre premier ministre François Fillon. C’est la première fois que le gouvernement reconnaissait que nous avions atteint "peak oil", pic de production du pétrole, à partir duquel la production mondiale de pétrole ne peut que décroître désormais (pétrole conventionnel seulement, le pétrole de schiste n'est pas concerné mais ne peut boucher le trou). Le Président américain, Obama avait fait de même un mois auparavant.

33% de l’énergie consommée en France

Ce constat est d’autant plus problématique quand l’on regarde à quel point nous sommes dépendants du pétrole. Et pour cause, le pétrole est présent dans tous les domaines :

. Les matières plastiques, et de nombreux produits chimiques (peinture, médicaments, engrais, phytosanitaires…) (15 % de la consommation totale de pétrole)
. chauffage des bâtiments (30 % de la consommation totale de pétrole)
. et surtout, il joue un rôle capital dans le transport par route, mer et air. La voiture à batterie électrique ne pourra le remplacer que pour certaines utilisations urbaines, permettant d’économiser 6% seulement du pétrole consommé par le transport (55%)

Au total, le pétrole représente 33% de l’énergie consommée en France. Avec le gaz, dont le pic de production est prévu dans 5-6 ans, c’est 48 % de l’énergie consommée en France qui sera en déclin.

La hausse des prix ne fait que commencer

La conséquence directe de cette décroissance de la production sera une augmentation de prix des produits du pétrole, avec deux conséquences déjà perceptibles :

. un renchérissement des produits agricoles, signifiant des famines dans les pays les plus peuplés
. une inflation des coûts, générant une hausse des taux d’intérêt, une baisse du pouvoir d’achat, et en finale une crise déflationniste que les États, trop endettés pour la plupart, ne pourront plus combattre.

Nucléaire : il faut rester rationnel

C’est un abaissement général du niveau de vie qui se prépare, en fait une ère nouvelle de souffrances. Est-ce inévitable ? Nous ne le pensons pas. Mais surtout ne retenons pas une solution aussi peu efficace que les énergies du vent et du soleil, laissons le panthéisme aux poètes. Il n’y a qu’une solution, le nucléaire :

- dans sa version type EPR, pour les 60 prochaines années
- le surgénérateur, qui consomme 100 fois moins d’uranium que l’EPR
- et surtout la fusion thermonucléaire, qui nous assurera une énergie illimitée non dangereuse, non polluante. Horizon: 50 à 100 ans.

Aujourd’hui, le principal danger pour l’avenir de l’humanité vient des anti-nucléaires. Ils avaient réussi à convaincre le gouvernement de Lionel Jospin à arrêter en 1997 le réacteur surgénérateur« Super Phénix », une faute d’après Anne Lauvergeon, car aujourd’hui nous aurions eu cette solution opérationnelle. Et aujourd’hui, ce sont Martine Aubry et François Hollande qui sont pour le retrait progressif (voire l’arrêt, pour M. Aubry) du nucléaire.