Les robots ne tuent pas l'emploi

4 Décembre 2012
Jean Hugues Ripoteau



Depuis 20 ans, l'industrie subit une réelle dévalorisation en France. Cette tendance s'accompagne d'une idée reçue : la robotisation tuerait les emplois. C'est faux ! Les pays les plus robotisés au monde - Japon, Corée du sud ou Allemagne - en témoignent avec des taux de chômage bas. Leur performance tient à l'automatisation des sites industriels qui assure un redéploiement du secteur. Elle nourrit une activité compétitive, dynamique et génératrice d'emplois. Pourquoi cette logique indéniable est-elle sans cesse éclipsée dans l'Hexagone ?

Un cercle vertueux de croissance

Du fait, sans doute, d'une forte culture syndicale française qui a marqué les esprits dans les années 1980 en s'opposant à l'arrivée des robots dans la filière automobile. À cela s'ajoute une vision dévalorisée du travail ouvrier. Aujourd'hui, on constate que les métiers de l'industrie sont délaissés par les jeunes générations. Pourtant, le modèle des pays qui performent dans l'industrie, l'Allemagne en particulier, devrait inspirer le secteur en France.

Ainsi, une entreprise robotisée se hisse à la pointe de la productivité et de la compétitivité. Grâce aux robots, elle sait assurer une production 24 heures sur 24, avec zéro défaut et aucun rebut. Le tout enclenche un véritable cercle vertueux de croissance qui amène les entreprises à embaucher pour suivre la cadence.

Une politique de réindustrialisation

Les entreprises industrielles françaises ont tout intérêt à entrer dans cette logique, à l'image des nombreuses PME que nous rencontrons chaque année et qui choisissent de s'automatiser. Elles se retrouvent propulsées aux meilleures places dans les appels d'offres. Leur retour sur investissement s'avère très rapide. Par exemple figure parmi nos clients une PME de 50 salariés qui s'est équipée de 20 robots : ils ont été amortis en 6 mois. Mieux encore : sur l'ensemble, son premier robot a été amorti en une semaine!

Ainsi, la robotisation offre de nouvelles opportunités, en particulier aux petites entreprises dirigées par des patrons qui ont bien compris l'intérêt d'en faire le pari. Si elles ne s'automatisent pas, beaucoup de firmes risquent la faillite. L'automatisation constitue leur planche de salut. Les robots ne tuent pas l'emploi. Soutenus par une volonté politique de réindustrialisation, ils sont l'avenir de nos PME industrielles. Plus les robots entreront dans les petites entreprises, plus ils alimenteront le cercle vertueux de la croissance, donc de l'embauche.

À propos de l’auteur : Jean Hugues Ripoteau est président de Fanuc Robotics France, société qui commercialise des robots industriels.

Jean Hugues Ripoteau