Le photovoltaïque et l’éolien : les mauvaises solutions

18 Janvier 2011



En France métropolitaine, le photovoltaïque bénéficie d’un ensoleillement moyen de 950 heures équivalentes plein soleil par an, soit 11% du temps total. Sa production est pratiquement nulle à l’heure de pointe de la consommation d’électricité (19 h). L’éolien, de son côté, a eu un facteur de charge de 23% en 2008 et 2009, d’après le « bilan énergie » de Réseau de Transport d’Electricité (RTE). En Allemagne, le facteur de charge a été de 17,3% en 2008 (RWE – Power Generation in Europe – Facts & Trends |December 2009).

Cette énergie a une grande variabilité et une production faible ou nulle la plupart du temps quand les besoins sont les plus importants (vagues de froid ou de chaleur liées à des anticyclones, peu ventés). C’est ce que confirme RWE, 2ème producteur allemand d’électricité, dans le rapport cité: "Not only is wind volatile, but most of the time it is not there when it is urgently needed".

Un temps de production cumulé de 32 %

Au total, compte tenu du recouvrement des plages de fonctionnement de ces deux moyens, leur temps de production cumulé est de 32 % du temps total en France. Ces énergies fatales (non stockables), à production irrégulière, induisent une possibilité de déstabilisation du réseau, qui nécessite une limitation de leur fourniture instantanée. Celle-ci est actuellement légalement de 30% de la production de chaque instant. L’augmentation de cette limite nécessiterait l’installation de nouvelles turbines à gaz, ce qui augmenterait notre dépendance aux énergies fossiles.

Finalement, la production maximum de ces deux moyens cumulés, ne peut atteindre dans le contexte actuel que 32 % x 30 % = 10 % de l’électricité totale, soit 4 % de l’énergie consommée en France.
Les autres énergies renouvelables (constituées à 84% de bois et d’hydraulique) représentant 5% du bilan énergétique national, il manquerait donc 91% du besoin en énergie. Face au déclin des énergies fossiles, seule l’énergie nucléaire peut fournir une telle quantité d’énergie.

10,3 milliards d’euros par an

Mais ces 4 % d’énergies renouvelables vont coûter très cher à la collectivité nationale : EDF paiera de 8,4 à 13,3 centimes d’euros le kWh d’éolien et de 30 à 58 centimes d’euros le kWh de photovoltaïque. En prenant un mix de 20% de photovoltaïque et 80% d’éolien, EDF paiera par an aux producteurs de ces énergies :

56 TWh x 20% x 0,48 €/kWh = 5,4 Md €/an pour le photovoltaïque
56 TWh x 80% x 0,11 €/kWh = 4,9 Md €/an pour l’éolien

Soit au total 10,3 milliards d'euros par an. Il faut déduire de ces coûts les économies de combustibles fossiles remplacés par ces énergies renouvelables. Ces économies sont faibles, pour deux raisons. La première est la faiblesse de leur utilisation actuelle, 3,5 % de l’électricité totale pour le gaz naturel (les autres énergies fossiles, fioul et charbon étant destinées à être remplacées par du nucléaire, moins coûteux).

Deuxième raison, le gaz est utilisé exclusivement en période de pointe, quand la production des énergies renouvelables est faible : la production du photovoltaïque est quasi nulle à l’heure de pointe, et celle de l’éolien en général absente ou faible à ces moments de forte consommation. De plus, il est nécessaire de conserver une production de turbines à gaz, qui permet de compenser les irrégularités de l’offre et la demande d’électricité. Pratiquement, la quasi-totalité du renouvelable produit ne permet qu’une économie de combustible nucléaire.

Un surcoût de 225 milliards d’euros

Or cette économie est très faible, 5% du prix de revient du nucléaire, soit 0,142 euro par kWh, soit au total 71 millions d’euros par an, ce qui ne représente que 0,7 % du coût du photovoltaïque et de l’éolien, dont le surcoût net est donc de 10,25 Md €/an. Les contrats étant de 20 ans, le surcoût total s’élèvera à 205 milliards d’euros, auxquels il faut rajouter le crédit d’impôt sur l’installation du photovoltaïque, de l’ordre de 20 Md €, un total de 225 milliard d’euros. Ce surcoût des énergies renouvelables représente 56 nouveaux EPR, plus du double des 27 EPR nécessaires pour le remplacement par de l’hydrogène de la totalité du pétrole du transport.

Les énergies renouvelables ne permettront pas de réduire l’investissement dans les autres énergies, qui restent nécessaires en totalité durant les 68% du temps pendant lequel le renouvelable ne produit pas. La situation est donc la suivante : si on n’installe pas ces énergies renouvelables, on économise 225 milliards d’euros, sans que cela diminue la production électrique globale. Comment justifier alors un tel gaspillage ? Seulement parce l’opinion publique est en faveur du renouvelable ?

Notons sur ce sujet la position de l’Académie des Technologies. Dans son étude "10 questions à Gilbert Ruelle" sur l’éolien, elle écrit : "Si des éoliennes s’insèrent dans un réseau où la production est déjà majoritairement sans émission de CO2, comme en France continentale (90 à 95% nucléaire + hydraulique), il n’y a évidemment aucun intérêt à remplacer par de l’énergie éolienne plus coûteuse, des énergies déjà propres et moins chères". Gilbert Ruelle ajoute que si la France suit cette voie, c’est parce que l’Europe l’y oblige.

Vous voulez en savoir plus sur ce sujet ? Lisez notre dossier consacré à l'énergie et ses enjeux.