Introductions en bourse : 2021, une année historique

9 Février 2022
Rémi Lepage

En 2021 : 2 682 introductions en bourse (IPO), pour un montant de 608 milliards de dollars (278 milliards de plus qu’en 2020).



Selon le dernier rapport Global IPO Watch du cabinet de conseil et d’audit PwC, la bonne performance des actions et la baisse de la volatilité des marchés en 2021 ont été propices aux introductions en bourse mondiales. En 2021, les marchés aux États-Unis et en Europe ont enregistré des rendements à deux chiffres, soutenus par la reprise de l'économie mondiale, les solides bénéfices des entreprises et les politiques monétaires accommodantes, et ce, malgré la hausse de l'inflation et une certaine instabilité géopolitique au second semestre.


Les secteurs des technologies et de la consommation affichent des records

En 2021, les IPO les plus importantes ont été enregistrées dans les secteurs des technologies et de la consommation (92 milliards et 89 milliards de dollars respectivement). Le produit des IPO dans le secteur des technologies augmente de 54 milliards de dollars, avec pour principaux marchés l’Amérique et l'Asie-Pacifique. L'Europe, où l’on constate un regain du moral des consommateurs, et les États-Unis, sont quant à eux à l'origine de la forte progression dans la consommation, avec un certain nombre d'IPO phares liées au secteur automobile et par une forte demande des secteurs de l’habillement et de l’alimentaire (denrées et boissons) aux États-Unis. 

Les secteurs d’activité les plus dynamiques dans la région EMEA ont été la technologie, la consommation, le commerce en ligne et la finance. Les bourses de Londres, Stockholm et Amsterdam ont enregistré les niveaux d’activité les plus élevés en 2021, la plus grande IPO ayant été celle d'InPost, dont le prix a été fixé à 3,9 milliards de dollars à Amsterdam.


Des performances contrastées après les introductions en bourse

La performance des IPO en 2021 doit inciter à la prudence, en particulier parce que 80% des IPO sur le continent américain ont sous-performé au 31 décembre 2021. C'est également le cas de 57% des IPO au niveau mondial. Le dynamisme des marchés au premier semestre a conduit à de fortes valorisations des IPO, avant qu'un second semestre plus tumultueux pour les marchés actions ne génère des conditions plus difficiles. La confiance des investisseurs a donc nettement évolué au cours du second semestre, entraînant une performance relativement faible par rapport aux indices de référence. Les investisseurs devraient donc se montrer de plus en plus attentifs au prix des IPO en 2022, en particulier pour les entreprises qui s'appuient beaucoup sur les bénéfices futurs pour soutenir les valorisations, avec des taux d'intérêt qui devraient également augmenter sur les principaux marchés du monde pour lutter contre la hausse de l'inflation.


Perspectives pour 2022 : une nouvelle année de forte croissance économique malgré un rythme plus lent

La forte croissance économique mondiale devrait se poursuivre en 2022. En effet, les économies développées disposent toujours de capacités supplémentaires et les banques centrales ne devraient relever les taux d'intérêt que progressivement, ce qui crée un environnement favorable au cours des actions. Toutefois, la croissance sera plus modérée qu’en 2021 en raison de l'incertitude autour des nouveaux variants du COVID-19 et des éventuelles mesures de restriction, un environnement géopolitique plus instable, une accélération potentielle de l'inflation et les risques inhérents au ralentissement comme par exemple ceux causés par le marché immobilier en Chine.
 
Philippe Kubisa, Associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC France et Maghreb : “Les questions de valorisation et de prix d'introduction seront plus que jamais au cœur des préoccupations des investisseurs dans les prochains mois. Ils seront plus exigeants et se laisseront probablement davantage séduire par les secteurs à thématique ESG, tels que les énergies alternatives.La réglementation en matière d'ESG pour les entreprises cotées en bourse et les grandes entreprises privées continuera à se durcir en 2022, tout l’enjeu sera d’être préparé et de concilier performance financière et extra-financière afin de séduire les investisseurs.”

Rémi Lepage