À force d’agiter le spectre de la récession, la France risque d’y replonger5 Octobre 2011
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"La dégradation des indicateurs de climat des affaires est particulièrement forte. Elle concerne quasiment tous les secteurs. Certains, notamment dans l’industrie, ont rejoint un niveau qui par le passé avait coïncidé avec une phase de contraction de l’activité. Cette relation n’a cependant rien d’automatique. Et en analysant finement les statistiques, on s’aperçoit que tous les indicateurs ne sont pas logés à la même enseigne. Les carnets de commandes restent bien étoffés. Les chefs d’entreprise n’ont pas – du moins pour le moment – réduit leurs prévisions d’embauches ou d’investissements. Tout cela permet donc d’espérer que la croissance reste positive. Nous anticipons d’ailleurs une progression de 0,3% du produit intérieur brut (PIB) au troisième trimestre.
Denis Ferrand, dg du cabinet d’études Coe-Rexecode
(…) Attention à l’auto-réalisation. À force d’agiter le spectre de la récession, les chefs d’entreprise risquent de réviser à la baisse leurs projets d’investissement, les ménages restreindre leurs dépenses et au final, la France risque d’y replonger. Mais nous n’y sommes pas encore. Certes, cette crise bancaire crée une menace sur la distribution du crédit. Mais selon notre enquête réalisée auprès des trésoriers des grandes entreprises françaises, les conditions pour obtenir de nouveaux financements se sont seulement un peu durcies. La situation actuelle n’est nullement comparable avec celle de 2008, lorsque les vannes du crédit étaient fermées ", a déclaré Denis Ferrand, directeur général du cabinet d’études Coe-Rexecode, dans une interview accordée à Capital.
W, la lettre qui fait mal
Voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Telle est la question. Il semble que Denis Ferrand préfère la deuxième solution. Néanmoins, un scénario en W est aujourd’hui. Si la croissance continue à tenir (tant qu’elle le peut) le choc, les marchés financiers, eux, se sont effondrés depuis déjà plusieurs mois. Et, ils n’ont pas encore touché le fond. Pire encore, il y a toujours un décalage entre la crise financière et la crise économique. Lors du premier creux, il avait fallu attendre six mois. Le rendez-vous est donc pris en janvier 2012…
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