Services publics : 75 milliards d’euros supplémentaires par an en 2025

13 Novembre 2012



Selon une récente étude d’Accenture, le coût des services publics, en raison notamment du vieillissement de la population, pourrait coûter à l’État français près de 75 milliards d’euros supplémentaires par an (3,3 % du PIB) à compter de 2025. Pour les besoins de ce rapport, Accenture a demandé à Oxford Economics d’évaluer le coût global des services publics2 d’ici 2025 dans 10 pays – Allemagne, Australie, Brésil, Canada, États-Unis, France, Inde, Italie, Royaume-Uni et Singapour.

En 2025, plus d’une personne sur 5 aura plus de 65 ans

Oxford Economics a analysé l’impact des changements démographiques et économiques à venir sur le coût de l’ensemble des services publics, en prenant en compte à la fois les coûts de l’administration centrale, des collectivités territoriales et des administrations de sécurité sociale (hors remboursement des intérêts de la dette et dépenses sociales liées à la conjoncture). En partant de ces hypothèses, le coût total des services publics en France, à partir de 2025, a ainsi été évalué à 966 milliards d’euros, soit 40% du PIB, sous réserve que les services publics ne soient pas transformés.

Le vieillissement de la population française constitue le principal facteur de hausse de la dépense publique. Sur les 10 pays étudiés, la France est le quatrième pays dont la population vieillit le plus rapidement. En 2011, 16,8% de la population française était âgée de plus de 65 ans, ils devraient être 21,7% d’ici 2025. En outre, alors que l’on comptait en moyenne cinq actifs pour un retraité dans les années 50, ce ratio passera à deux pour un seulement à l’horizon 2050. Quant aux dépenses liées au financement du régime de retraite obligatoire, qui constitue 85,4 % du revenu des retraités, elles vont augmenter de façon significative. Plus de ¾ des revenus des retraités reposent sur du financement public. L’étude s’intéresse également aux effets de richesse. Les hypothèses, corroborées par des données historiques, suggèrent en effet que lorsqu’un pays crée de la richesse, ses dépenses de services publics par habitant tendent à augmenter à un rythme plus élevé en proportion.

Surcroît de dépenses potentiel

Le surplus de dépenses potentiel qui se profile nécessite plus que jamais une transformation du secteur public. Les projections de dépenses construites en fonction de l’évolution de la demande ont été comparées à l’orientation actuelle des dépenses de services publics afin d’identifier, dans chacun des pays étudiés, le surcroît de dépenses potentiel engendré d’ici 2025 et sa traduction en pourcentage du PIB. Elles intègrent l’hypothèse selon laquelle les services publics ne seraient pas changés structurellement ou dans les dispositifs réglementaires au bénéfice des usagers.

Bien négocier les virages structurels

Ce rapport fait partie d’une série d’études menées par Accenture afin d’analyser les principales difficultés et tendances appelées à influer sur l’offre future de services publics. Le rapport Accenture présente par ailleurs des exemples tirés de différents pays, ainsi que des conseils pratiques aux gouvernements pour transformer les services publics de manière à améliorer la qualité de service, répondre aux attentes des citoyens, tout en tendant vers l’équilibre budgétaire. Améliorer l’efficience du secteur public de moins d’1 % par an (0,58%) permettrait d’économiser 79 milliards d’euros d’ici à 2025. Quatre orientations structurelles sont présentées :

1- Vers des services publics personnalisés : adapter les services publics pour qu’ils puissent répondre à la demande de personnalisation des usagers et aux différences territoriales, tout en satisfaisant l’exigence d’un service public pour tous. Cette transition vers des services publics personnalisés nécessite une analyse des besoins des différents groupes de citoyens, à chaque étape de leur vie. La décentralisation des services publics vers les instances régionales et locales constitue un facteur de proximité et de personnalisation, notamment dans le secteur de la santé.

2- D’une attitude réactive à une approche proactive : s’appuyer sur la puissance des nouveaux outils numériques d’analyse de données, des nouvelles technologies et des nouveaux modèles collaboratifs pour améliorer la prise de décisions et anticiper les problèmes.

3- De la gestion publique à l’entrepreneuriat public : diversifier et trouver l’organisation la plus pertinente pour accroître la qualité de tous les services publics, par exemple le recours aux partenariats public-privé, à entrepreneuriat social, aux opérateurs publics…etc.

4- Vers l’efficience globale des services publics : redéfinir la mission de service public et mettre en œuvre les réformes structurelles qui permettront de bâtir le service public du 21ème siècle. Partir des besoins de l’usager pour simplifier les processus débouche non seulement sur le bon fonctionnement d’un service public, mais améliore également la satisfaction des agents et l’efficience des services.