Quels impacts économiques suite au référendum en Turquie

20 Avril 2017
Propos recueillis par Antoine Balduino



Le taux d’approbation du référendum se situe à peine au-dessus de 51%. Ce résultat est plutôt peu satisfaisant pour le président Erdogan. En particulier, les citoyens de treize villes, parmi les vingt plus grandes que compte la Turquie, ont voté contre le changement de constitution. Ces villes représentent presque 88% du PIB du pays. Le marché boursier turc a réagi de manière légèrement positive à ce résultat. Entretien avec Sebastian Kahlfeld, gérants actions, marchés émergents chez Deutsche Asset Management.

Economie et société : Quelles sont les perspectives économiques pour la Turquie ?

Sebastian Kahlfeld : La croissance du PIB va rester forte pour longtemps. Au regard des chiffres médiocres du chômage (12-13%, jeunes 25%) et du besoin de recueillir le soutien de la population, Erdogan ne peut pas se permettre de laisser l’économie glisser. Cela signifie que le gouvernement continuera de soutenir l’activité, et la demande des consommateurs (avec plus de 70% du PIB dépendant de ces derniers). Malgré la détérioration graduelle de l’équilibre fiscal, loin d’être inquiétant – le ratio dette/PIB est encore en dessous de 32%, le déficit fiscal ressort à 2%. AncreQuant aux garanties implicites qui ont été reprises par le secteur public pour le secteur privé, elles sont discutables et voient leur importance grandir.

Et au niveau politique, quels sont les conséquences ?

Les élections anticipées (parlementaires et présidentielle) en 2017 apparaissent maintenant peu probables. Si le gouvernement turc décidait de maintenir des élections anticipées, cette décision Ancreserait clairement perçue négativement par le marché, car cela aboutirait à annoncer plus de mesures populistes pour séduire les électeurs indécis. Enfin, l’état d’urgence sera maintenu.

Les marchés financiers seront-ils sensible à ces résultats ?

Les perspectives sont favorables pour les infrastructures de qualité - immobilier-, les valeurs de consommation haut-de-gamme, et les actions des banques d’Etat. Le marché devrait évoluer sans direction précise. Les perspectives long-terme restent incertaines. Au regard de la faible valorisation du marché des actions turques, des opportunités d’investissement intéressantes existent toujours, plus particulièrement du côté des entreprises tournées vers l’exportation et dans celles dont l’activité est soutenue par la politique du gouvernement turc.

Propos recueillis par Antoine Balduino