Portrait robot de l’emprunteur en 2014

12 Novembre 2014
Rémi Lepage



Comme chaque année, Meilleurtaux.com réalise le portrait de l'emprunteur typique. Une étude intéressante pour comprendre les évolutions du marché. Comme toujours le primo-accédant demeure le principal emprunteur. Retour sur les cinq points clés à ne pas manquer.

​1) Le montant des transactions : une faible progression

Le visage de l’emprunteur moyen en crédit immobilier se dessine avec une transaction moyenne s’élevant à 247 634€, en progression faible de +4,8% par rapport à 2010. Ce montant moyen est tiré vers le haut par la région Ile de France. En effet, dans l’ensemble des 7 grosses régions françaises, seule l’Ile-de-France dépasse cette moyenne à 332 443€, alors que la région Nord affiche la transaction moyenne la plus basse de France à 185 110€. « Les disparités régionales sont donc réelles car avec une transaction près de deux fois plus élevée, l’habitant de la région parisienne va finalement se loger dans une surface 25% plus petite (soit 61 m² pour 83m² dans le Nord) » explique Maël Bernier directrice de la communication et porte-parole de Meilleurtaux.com.

2) L’apport moyen : il a doublé en 10 ans

Après avoir dépassé la barre des 50 000€ en 2010, l’apport moyen s’élève pour l’année 2014 à68 808€ (stable par rapport aux années précédente). Mais si ce chiffre est élevé, la moyenne cache également de très fortes disparités régionales, en effet, l’apport moyen s’élève à 108 892€en Ile-de-France quand il est « seulement » de 36 000€ à l’Est et autour de 66 000€ en Rhône-Alpes et dans le Sud-est. A titre de comparaison, l’apport moyen en France s’élevait en 2004, il y a tout juste 10 ans, à 35 000 €, il a donc presque doublé en 10 ans, avec une forte progression de 2004 à 2010, et assez stable depuis.

« Pour relativiser ce chiffre très impressionnant, notons que l’apport français médian en 2014 s’élève quant à lui à 27 000€, ce qui signifie que 50% de nos emprunteurs ont pu devenir propriétaires avec un apport inférieur à cette somme » ajoute Hervé Hatt, Président de Meilleurtaux.com. Les disparités régionales sont aussi présentes dans les apports médians. Ainsi, quand à l’Ouest, au Nord et à l’Est 50% des emprunteurs empruntent avec moins de 15 000€ d’apport, le curseur remonte à 50 000€ en Ile-de-France.

3) Les revenus des emprunteurs : ils ne compensent pas la « cherté » des m2 en Ile de France

Le revenu net moyen d’un foyer d’emprunteurs en France en 2014 s’élève à 5 237€, avec des moyennes dans l’ensemble des régions françaises qui dépassent les 4 000€. Les revenus moyens les « moins » élevés se trouvent à l’Est avec 4 300€ nets/mois pour 6 462€ en Ile-de-France. Mais la capacité d’achat est grevée par les prix de l’immobilier car avec des revenus nettement supérieurs et donc une capacité d’emprunt plus importante, l’acheteur moyen ne peut acquérir que 67m² en Ile-de-France, contre 103m² dans l’Est.

4) L’âge de l’emprunteur : les jeunes restent présents

L’âge moyen des emprunteurs a progressé de 32,7 ans en 2004 à 36,5 ans en 2010, puis est resté assez stable depuis : il s’établit à 37,4 ans en 2014. On peut donc constater, contrairement aux idées reçues, que le vieillissement des acquéreurs est survenu avant la crise économique récente, tandis que les « jeunes » acquéreurs semblent rester présents depuis 2010. C’est dans le Nord et l’Est que l’âge moyen est le moins élevé avec respectivement 35,8 ans et 36,1 ans, alors qu’il est traditionnellement le plus élevé dans le Sud-Est avec 38,9 ans.

5) La durée moyenne des prêts : une constante

Elle reste stable depuis quelques années autour de 18 ans, à rapprocher d’un pic à 21 ans en 2007, quand les établissements financiers prêtaient alors sur des durées allant jusqu’à 30 ans.

Rémi Lepage