L’intelligence artificielle révolutionne le secteur de la santé

13 Avril 2017
Antoine Balduino



La technologie transforme progressivement le domaine de la santé. Aujourd’hui, 55% des patients se disent prêts à troquer leur médecin traitant et leurs professionnels de santé contre des robots ou de l’intelligence artificielle (IA). C’est ce que révèle la dernière étude du cabinet de conseil et d’audit PwC sur l’avenir du secteur de la santé « What doctor? Why AI and robotics will define New Health », réalisée dans 12 pays d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique. Les principaux avantages perçus à travers cette étude sont, d’une part un meilleur accès aux soins de santé mais aussi la rapidité et la fiabilité du diagnostic/traitement, particulièrement dans les pays émergents. L’étude souligne cependant la nécessaire confiance que les futurs patients doivent avoir en ces nouvelles technologies pour généraliser leur utilisation ainsi que l’importance du « contact humain », qui demeure une composante clé de l’expérience des soins de santé.

Les nouvelles technologies sont mieux accueillies dans les systèmes de santé encore peu établis des pays émergents

Alors que 55% des répondants se disent prêts à renoncer à leur médecin et  professionnels de santé, 38% d’entre eux réfutent entièrement cette évolution. Parmi les publics prêts à considérer l’intelligence artificielle et les robots dans leur parcours  de soins de santé, un clivage se dessine entre pays développés et émergents. Les répondants vivant dans des pays dotés d’un système de santé bien établi et, par conséquent moins agile, acceptent l’idée de soins délivrés par la technologie (39% pour le Royaume-Uni, 41% pour l’Allemagne jusqu’à 55% pour les Pays-Bas), mais dans une moindre mesure que ceux vivant dans les marchés émergents, où le système de santé connaît encore d’importants manquements (94% au Nigéria, 85% en Turquie ou 82% en Afrique du Sud).
 
Selon l’étude de PwC, près de la moitié (51%) des répondants accepterait qu’une intervention chirurgicale mineure soit confiée à un robot plutôt qu’à un chirurgien sur la table d’opération. Si les habitants du Nigeria, de Turquie et d’Afrique du Sud sont les plus ouverts à cette idée (respectivement à hauteur de 73%, 66% et 62%) ; les Britanniques sont, quant à eux, les plus réticents (36%). Il apparait que ces résultats sont globalement moins élevés en cas d’intervention lourde (pose d’une prothèse de hanche ou de genou, ablation d’une tumeur ou opération cardiaque à titre d’exemple) bien qu’une part non négligeable des répondants accepterait toutefois de confier une chirurgie invasive à un robot (27% au Royaume-Uni, 40% aux Pays-Bas et jusqu’à 69% au Nigeria).
 
« Qu’on le veuille ou non, l’IA et la robotique sont l’avenir des soins de santé. L’ambition ultime est l’accès à des soins de qualité à des tarifs abordables permettant ainsi de garantir une meilleure santé pour tous. Intégrer harmonieusement l’IA et la robotique aux systèmes existants, puis créer de nouveaux modèles de soins basés sur ces technologies, peut entraîner des avantages économiques et sociaux considérables », analyse Loïc Le Claire, Avocat Associé responsable du secteur Pharmacie et Santé chez PwC.

La technologie plus accessible, plus rapide et plus fiable montre encore des limites pour se substituer à l’Homme

Dans le secteur de la santé, l’IA et la robotique répondent à des besoins spécifiques de la part des patients. En effet, l’accès plus facile et plus rapide aux services de santé, ainsi que la rapidité et la fiabilité du diagnostic, sont cités respectivement à 36% et 33% comme les principaux facteurs incitant à se tourner vers la technologie.  En revanche, l’absence de proximité humaine (47%) et le manque de confiance envers la capacité des robots à prendre une décision (41%) sont les principaux motifs de réticence. Malgré des pourcentages variables d’un pays à l’autre, ces deux avantages et deux inconvénients figurent en tête des priorités des répondants.
  
Parmi les autres avantages qui ressortent de cette étude, 29% des répondants citent respectivement la capacité de la technologie à délivrer un traitement adapté mais aussi la possibilité de consulter un professionnel de santé à tout moment, au moyen des appareils électroniques tels que les smartphones ou tablettes. En effet, ces nouveaux outils se positionnent également comme des « assistants de santé intelligents » pour les patients mais également pour le compte de leurs proches. 41% des répondants se disent favorables à ce que la technologie – au moyen d’une application dédiée sur leur smartphone par exemple - surveille leur condition cardiaque (pulsations, pression sanguine, ECG, etc.), pour pouvoir préconiser le meilleur traitement.
 
« L’ensemble des acteurs impliqués dans le parcours de santé, des Etats aux professionnels et dirigeants des établissements de santé en passant par les entreprises actives dans le développement de l’IA et de la robotique, se doit de comprendre les possibilités offertes par la technologie et d’en définir les normes. Pour offrir à tous le meilleur en matière de santé, ces différents acteurs doivent repenser fondamentalement leur façon de délivrer des soins à la population. Les patients, quant à eux, doivent s’habituer à ces nouveaux usages, apprendre à apprivoiser les nouvelles technologies  et découvrir par eux-mêmes les avantages qu’elles peuvent leur apporter », conclut Loïc Le Claire.

Antoine Balduino