L'économie collaborative, nouvelle norme

17 Mai 2015
Antoine Balduino



En dix ans, le concept d'économie collaborative est devenu un véritable marché impliquant de nombreuses startups comme des grandes entreprises internationales. Alors que ce marché représente aujourd’hui 15 milliards de dollars, le cabinet d’audit et de conseil PWC estime qu’il atteindra 335 milliards de dollars d’ici à 2025. « L'économie de partage est née de la fusion de plusieurs grandes tendances qui ont principalement émergé grâce aux nouvelles technologies, à la baisse des ressources et aux évolutions sociales », explique Olivier Salesse, directeur strategy chez PWC.

44% des Américains sont familiers avec ces nouveaux usages de consommation

Pour définir cette évolution, PwC a étudié cinq grands secteurs du marché de l’économie collaborative : la finance peer-to-peer (prêts entre particuliers), le recrutement en ligne, le logement (comme l'échange d'appartements), l'autopartage et la musique/vidéo en streaming. D’ici à 2025, PwC prévoit que ces 5 secteurs vont croître beaucoup plus rapidement que les secteurs de la location traditionnels.

La finance collaborative et le recrutement en ligne devraient être les secteurs les plus dynamiques dans les prochaines années avec respectivement 63% et 37% de croissance. Le logement et l’autopartage suivent ensuite avec une hausse de 31% et 23%. En revanche, les secteurs traditionnels connaissent une croissance beaucoup plus modeste, comme la location d’équipements (+5%) ou les auberges de jeunesse (4%).

Transport

· C’est l’un des secteurs dans lesquels les consommateurs américains souhaitent voir le plus s’imposer le modèle de l’économie collaborative. 8% des Américains ont déjà bénéficié d’un service de transport collaboratif, tandis qu’1 % d’entre eux en a déjà été prestataire (conducteur de covoiturage ou d’un autre mode de transport collaboratif – Uber par exemple). 56% des consommateurs américains qui choisissent un mode de transport collaboratif le font pour bénéficier de meilleurs prix.

Distribution et biens de consommation

· La baisse du pouvoir d’achat engendrée par la crise économique a transformé les modes de consommation dans ce secteur. A l’heure où les consommateurs américains prennent conscience des défis environnementaux, 76% d’entre eux valident le postulat suivant : l’économie collaborative réduit les déchets des biens de consommation et est, par conséquent, bénéfique pour la planète (79% pensent qu’elle est bénéfique pour la société dans son ensemble). Cependant, 48% des consommateurs américains émettent des inquiétudes sur la qualité des produits proposés par les acteurs de l’économie collaborative.

Hébergement et restauration

Airbnb est l’acteur qui incarne aujourd’hui l’économie collaborative dans le secteur de l’hébergement. La plateforme de location de logements entre particuliers a enregistré 10 millions de réservations, pour 20 millions de voyageurs, en 2014 et emploie désormais près de 1 500 personnes dans 20 des plus grandes villes mondiales. 6% des Américains ont déjà bénéficié d’un type d’hébergement collaboratif, tandis qu’1,4% d’entre eux en a déjà été prestataire. Malgré tout, des inquiétudes en matière de sécurité et d’hygiène sont émises par les consommateurs américains : ceux qui sont familiers avec l’économie collaborative sont encore 34% plus enclins à placer leur confiance dans une chaîne d’hôtels leader du marché plutôt que dans un nouvel acteur tel qu’Airbnb.

Loisirs, médias et communication

Les consommateurs américains sont plus engagés dans le partage de loisirs et de médias que dans celui de moyens de transports, d’hébergements ou de biens de consommation. Selon un rapport du Consumer Reports National Research Center, 46% des Américains qui possèdent un compte de téléchargement en streaming admettent qu’ils partagent leurs identifiants de connexion avec des proches ne vivant pas au même domicile. Les motivations des Américains pour s’orienter vers une consommation collaborative des loisirs et des médias sont : un meilleur prix, un plus large choix, un meilleur accès et des expériences de consommation plus originales.

Antoine Balduino