Inside Job fait du bon boulot

9 Décembre 2010



Aux États-Unis, les documentaires sur la finance se succèdent à un train d’enfer. Après Let's Make money, Capitalism : a love story, le dernier film de Michael Moore, et Cleveland versus Wall Street, voici Inside Job, un documentaire qui revient sur les origines, le déroulement et les conséquences de la crise. Autant dire que le projet est ambitieux.


Néanmoins, force est de constater, que le défi est relevé avec mention bien. Aussi bien sur le fonds que sur la forme. Le montage et la musique permettent de rendre vivant un sujet qui aurait pu rapidement devenir soporifique. Au niveau de la pédagogie, le film est également réussi bien que les enchainements des graphiques finissent par donner le tournis. On peut également regretter que Matt Damon, qui prête sa voix, affiche trop souvent son indignation. A vouloir trop en faire, il décrédibilise l’argumentation qui est pourtant implacable.

"Les plus pauvres paient toujours le plus cher "

Le réalisateur, Charles Ferguson, aura réussi à faire venir les grands noms de la finance. Et ils n’hésitent pas à les bousculer menant les interviews de main de maître - on devrait lui proposer de faire les interviews de notre Président, ils deviendraient beaucoup plus intéressant que ceux animés par Claire Chazal, Michel Denisot ou Davis Pujadas. Parmi les interviewés, on retrouve deux Français : Dominique Strauss-Kahn, patron du FMI, Christine Lagarde, notre ministre de l’Economie.

"Mon film tente de mettre en lumière l'immoralité du système, son côté impitoyable" explique Charles Ferguson. Durant son entretien, Dominique Strauss Kahn résume bien les choses : "Les plus pauvres paient toujours le plus cher". Qu’attendez-vous donc pour devenir riche ?