Etats-Unis : la reprise, mais à quel prix ?

2 Février 2010



5,7 %. Pour Barack Obama, le Président américain, ce chiffre a sonné comme une récompense. Après plusieurs mois difficiles, voici enfin une nouvelle qui peut lui donner le sourire. Au quatrième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) américain a progressé de 5,7 %. Sur l’ensemble de l’année, le PIB a reculé tout de même de 2,4 %. On est donc loin de la contraction de 6,4 % au premier trimestre. Un grand écart qui s’explique par le libéralisme de l’économie américaine et les différents plans de relance mis en place par l’administration Obama.

Les raisons d’y croire

Mais, l'administration ne compte pas s’arrêter là. Vendredi dernier, Barack Obama a annoncé un plan de 33 milliards d’euros pour les petites et moyennes entreprises (PME) qui embauchent ou qui augmentent les salaires. Autre signe d’espoir pour l’économie américaine : les entreprises ont arrêté la réduction de leurs stocks. Selon le gouvernement, ce facteur aurait ajouté 3,4 % du PIB.

La dépense des ménages a également progressé de 2 %. C’est néanmoins moins que les 2,8 % constatés au troisième trimestre. Du côté du chômage, les analystes estiment que 5 000 emplois auront été créés en janvier, avec un taux de chômage qui reste inchangé à 10 %.

"Le moteur de l'économie fonctionne, mais d'une certaine façon nous sommes toujours dans le fossé avec des roues qui tournent dans le vide. Quand le plan de relance s'arrêtera nous aurons besoin de la croissance des emplois pour nous maintenir fermement sur la route du rétablissement", explique Bill Cheney, chef économiste chez John Hancock Financial, à l'agence Reuters.

Quand il faudra payer l’addition…

Toute la question est donc là. Les plans de relance suffiront-ils à relancer définitivement la machine américaine ? Il faut espérer car les caisses du gouvernement Obama sont vides. Il a tout misé. Au poker, il a fait un « all-in ». Et si cette croissance ne crée pas assez d’emplois, le retour de bâton pourrait être dramatique. Aussi bien pour l’économie américaine que pour l’économie mondiale.

Car pour financer son dernier plan de relance pour les PME, Barack Obama a dû faire les fonds de tiroir. Ainsi, le budget devrait être marqué par le gel de 17 % des dépenses discrétionnaires sur trois ans. Sur dix ans, cela devrait permettre d’économiser 250 milliards d’euros. Maintenant, la priorité du gouvernement américain est de limiter les déficits excessifs afin de contrôler la dette.

Selon Reuters, le déficit américain devrait atteindre 1 600 milliards de dollars cette année. Un nouveau record. Il devrait descendre à 1 300 milliards en 2011 puis à 700 milliards en 2013, avant de remonter progressivement jusqu'à 1 000 milliards en 2020. Si ces chiffres se confirment, cela voudrait dire que les Etats-Unis flirteraient avec un déficit de 10 % du PIB. Chose qui n’était pas arrivée depuis la Seconde Guerre mondiale.

Pour arriver à cet objectif, Barack Obama devra annoncer dans les prochains mois l'arrêt des programmes de soutien de la Réserve fédérale et probablement des hausses d’impôts à partir de 2011. Espérons donc que d’ici là, la croissance et l’emploi soient repartis de pied ferme.