Croissance de 6,5 % de la production automobile mondiale

21 Septembre 2012



À quelques jours du Mondial de l’Automobile, le cabinet d’audit et de conseil PwC analyse la croissance de la production automobile mondiale. Alors que l’Europe recule en 2012 avec une baisse de production de 900 000 véhicules, les marchés émergents poursuivent leur développement. Selon les prévisions de PwC Autofacts, la production mondiale devrait atteindre 108 millions d’unités en 2018, soit un taux de croissance moyen annuel de 5,6 % entre 2011 et 2018. Cette croissance sera portée à 83 % par les pays émergents, dont 40,4% pour la seule Chine. En Europe, après un point bas en 2012, le marché devrait entamer une reprise vers 2013-2014, tirée notamment par le renouvellement des véhicules achetés par anticipation depuis 2009 grâce aux aides gouvernementales. De son côté, le taux d’utilisation des usines devrait atteindre 78 % en 2014.

27 millions de voitures vendus en Chine en 2018

PwC estime qu’en 2012, la production automobile mondiale devrait progresser de 6,5%, avec une forte disparité des marchés. "Alors que l’Europe est en recul de 900 000 véhicules entre 2011 et 2012, la Chine poursuit son essor, enregistrant 1,5 million de véhicules supplémentaires, tandis que les autres marchés matures rattrapent le retard accumulé ces dernières années. Les États-Unis comblent peu à peu leur retard par rapport au niveau d’avant crise. Quant au Japon et à la Thaïlande, durement marqués par de récents événements climatiques, ils connaissent eux aussi une reprise assez forte", considère Gérard Morin, associé PwC responsable du secteur automobile en France.

Avec un nombre de véhicules vendus doublé entre 2008 et 2011, la Chine se positionne en moteur incontestable du marché mondial. Gérard Morin souligne : "En près de dix ans, les ventes de véhicules en Chine ont été multipliées par dix, passant de 1,75 million d’unités en 2002 à 17,2 millions en 2011. La tendance est très forte et devrait se renforcer dans les années à venir. L'institut d’analyse PwC Autofacts anticipe un niveau de ventes en Chine de l’ordre de 27 millions d’unités en 2018." Le taux d’équipement du pays - 47 véhicules pour 1.000 habitants en 2010 - ouvre en effet de belles perspectives de développement. Alors qu’un véhicule sur quatre sera produit en Chine d’ici 2018, le top 15 des constructeurs devrait rester inchangé au niveau mondial, les premiers constructeurs étant très présents sur les marchés porteurs, notamment en Chine.

Europe : reprise attendue en 2013

En Europe, le marché des véhicules particuliers a connu une forte baisse depuis 2007, année où il a culminé à 16 millions d’unités, pour atteindre un point bas en 2012 estimé à 12,5 millions d’unités. L’évolution du marché européen est fortement influencée par celle des cinq principaux pays (Allemagne, Espagne, France, Italie et Royaume-Uni), qui représentent environ 73% du total. Les marchés espagnols et italiens ont chuté de 50% et 30% respectivement entre 2007 et 2011. En France, en 2012, le marché devrait se situer légèrement en-dessous des 1,9 millions de véhicules, en Allemagne, autour de 3,1 millions de véhicules ; en deçà de leur niveau de croisière. Après un point bas en 2012, un début de rattrapage est attendu sur le marché automobile européen vers 2013-2014. "Le marché devrait entamer un rattrapage en 2013-2014, grâce notamment au renouvellement des véhicules achetés par anticipation depuis 2009 sous l’impulsion des aides gouvernementales comme les différentes primes à la casse. En effet, la durée moyenne de renouvellement est de cinq ans en France. Cette reprise restera néanmoins modeste, car les ventes de 2015 devraient rester légèrement en deçà du niveau atteint en 2009", explique Philippe Couderc, associé PwC.

Sur ce marché européen, les situations des constructeurs sont contrastées en 2012 : seuls les groupes Hyundai-Kia et VW surperforment le marché sur les huit premiers mois de l’année. "Les groupes automobiles qui obtiennent des résultats supérieurs à la moyenne produisent principalement des véhicules sur des marchés de niche, comme les premium ou les 4x4 urbains, et sont présents sur les marchés en croissance. Au contraire, les groupes généralistes focalisés sur des véhicules de moyenne gamme et présents sur des marchés en déclin se situent sous la moyenne du marché européen", précise Philippe Couderc.

Des stratégies offensives

Dans le contexte actuel, les constructeurs historiques, qui représentent 84 % de la production mondiale en 2011, n’ont pas attendu une éventuelle reprise de leur marché domestique pour mettre en place des stratégies offensives qui s’articulent autour de différents axes :

- Segmentation de l’offre afin de produire plus de véhicules de niche, notamment des premiums et des low cost ;
- Conclusion d’alliances ou de partenariats ;
- Rationalisation de la production avec une croissance des capacités dans les marchés porteurs ;
- Généralisation des plateformes modulaires qui permettent de baisser les coûts de production tout en offrant un plus grand nombre de modèles pour répondre aux demandes des consommateurs ;
- Recherche et développement sur les technologies d’avenir dont les innovations environnementales, notamment en Europe sous l’impulsion des nouvelles réglementations.

Parmi ces axes stratégiques, le défi environnemental reste une priorité pour les constructeurs européens qui ont des objectifs ambitieux à atteindre. L’objectif 2020 fixé par l’Union Européenne est ambitieux et structurant : il est de 95g/km d’émission de CO2 pour la totalité des véhicules commercialisés, comparé à 130g/km aujourd’hui. Pour répondre à ce défi, la proportion des véhicules hybrides ne cesse de progresser. Ils devraient représenter plus de 4 % de la production mondiale en 2018 contre 2,7 % en 2012, soit un doublement des volumes sur cette période. Bien que multipliée par 10 par rapport à 2011, la production de véhicules électriques devrait rester limitée à 1 % de la production mondiale d’ici 2018.