81 % des catégories alimentaires sont inflationnistes

7 Avril 2022
Antoine Balduino

Le pouvoir d’achat des Français fait grise mine : pâtes, légumes secs, riz, huile, essuie-tout, tous ces produits de grande consommation sont impactés par l'inflation galopante.



 L’inflation sur les produits de grande consommation s’installe durablement. L’impact des négociations commerciales et du conflit russo/ukrainien n’y sont pas étrangers.  Ce sont les conclusions de la dernière étude de NielsenIQ qui suit de près l’évolution des prix des produits de grande consommation et son impact sur le panier et portefeuille des consommateurs français. Voici ce qu’il faut retenir de la dernière analyse NielsenIQ en date du 1er avril 2022, à retrouver en intégralité ici.

Une nette accélération

“Alors que le mois de mars vient tout juste de se terminer, l'inflation des PGC FLS a connu une nette accélération par rapport au mois de février. La clôture des négociations commerciales, dans un contexte de guerre en Ukraine, est la raison majeure de cette accélération de l’inflation des produits de grande consommation”, commente Emmanuel Fournet, Customer Success Leader chez NielsenIQ France.  
 


 

 

Si l’inflation ne date pas d’hier, son accélération ces derniers mois est avérée, et la montée des prix observée en mars est le résultat de la mise en place des nouveaux tarifs sur lesquels industriels et distributeurs se sont accordés lors des négociations commerciales.  

 
Sur le court terme en à peine un mois entre mars 2022 et février 2022 et la fin des négociations, l’alimentaire connaît une inflation de +0.67%, avec une hausse plus marquée sur les marques nationales majeures (+0,87%) alors qu’elles étaient encore déflationnistes il y a un mois à peine. Le prix des marques nationales progresse désormais de manière similaire aux marques de distributeurs. Entre mars et février 2022, les marques premiers prix continuent de voir leur prix augmenter (+0,84%). L’augmentation du prix de ces marques à un an est dorénavant de +3,7%.  Les ventes de catégories de première nécessité progressent également fortement lors des 3 dernières semaines de mars, en valeur tirées par l'inflation, mais sans impact visible sur les volumes, pour l’instant en tout cas :  ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Pâtes alimentaires : +40,3% d’augmentation de chiffre d’affaires pour 24,5% de hausse en volume (Kg) Huiles : +15,8% pour 24,9% de volume Lessives : +10,5% pour un volume de 9,1%  Change bébé : 16,7% pour un volume de 17,7% Brosse à dents : 27,5% pour un volume de 29,3% Farine : 32,2% pour un volume de 32,5%

 

“La nouveauté de ce mois de mars concerne les plus grandes marques qui sont cette fois les plus inflationnistes. En parallèle, les ventes de produits de première nécessité continuent de progresser fortement, même si la croissance ralentit sur les semaines les plus récentes”, ajoute Emmanuel Cannes, expert pricing et service à la distribution chez NielsenIQ France.


Une tendance qui devrait se poursuivre

20 produits de grande consommation (ex : pâtes, riz, produits d’hygiène, huile, etc.) ont connu un pic de chiffre d’affaires de +13% en semaine 10, alors qu’en semaine 11, ils marquent le pas (+7%) tandis que l’inflation accélère toujours. Est-ce lié aux collectes de dons ou à un effet de stockage de consommateurs prévoyants ? Les semaines à venir nous permettront d’en savoir plus sur les motivations des consommateurs. 

 
Le contexte actuel crée de l'incertitude au sein des foyers français. De ce fait, certaines familles de produits font face à la fois à des problèmes d'approvisionnement et à des achats dits de précaution avec un effet de stockage plus important que d'habitude. Au cours des 5 semaines allant du 21 février au 27 mars 2022, les huiles, la farine et les pâtes alimentaires ont vu leurs nombres d'incidents de rupture en Grande Distribution (hors SDMP) croître de manière plus ou moins significative. Respectivement de +37% pour les huiles, +26% pour la farine et +21% pour les pâtes alimentaires. A l'inverse, nous constatons des accélérations plus modérées du nombre de ruptures sur certaines familles dîtes sensibles ou exposées, telles que le sucre (+8%) ou le riz (+5%).


Antoine Balduino