Retour des risques dans les pays émergents

21 Mars 2013
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Malgré une croissance en hausse, estimée à 5,1% en 2013, et l’amélioration des fondamentaux souverains et externes, les risques dans les pays émergents n’ont pas disparu mais ont changé de nature. Trois risques majeurs pèsent désormais sur les émergents.

De nouvelles revendications politiques

Retour des risques dans les pays émergents
La vague des révolutions arabes a été révélatrice des nouvelles revendications politiques, culturelles et institutionnelles des sociétés émergentes. Afin d’analyser la capacité d’une société à provoquer des ruptures politiques, Coface a élaboré une grille de lecture croisant deux types d’indicateurs : les pressions aux changements (inflation, chômage, contrôle de la corruption…) qui mesurent l’intensité des frustrations sociopolitiques dans un pays donné et les instruments du changement (éducation, réseaux sociaux, proportion des jeunes, rôle des femmes…) qui captent la capacité de ces sociétés à transformer les frustrations en acte politique.

Sur le plan politique, les tensions ont augmenté, illustrées par les mouvements de protestation en Afrique du Nord / Moyen-Orient, mais aussi en Russie ou en Inde. Sur le plan économique, on assiste à une montée du protectionnisme. Enfin, sur le plan financier, une croissance excessive des prêts bancaires au secteur privé dans plusieurs pays émergents fait craindre une bulle de crédit, notamment dans les économies asiatiques.

Parmi les 30 pays émergents passés à la loupe, c’est la zone Afrique du Nord / Moyen-Orient qui se distingue nettement par la présence à la fois de fortes pressions aux changements et des instruments. Ce diagnostic met en garde contre le caractère persistant du risque d’instabilité dans cette région, dans le cas notamment où les régimes postrévolutionnaires s’avèrent incapables de répondre aux exigences de la population, à la source de leur accession au pouvoir.

Un protectionnisme rampant

Devenus depuis 2008 une arme de protection vis-à-vis de chocs dont les pays émergents ne sont pas responsables, les contrôles des capitaux et le protectionnisme commercial représentent aussi un risque pesant sur les entreprises. A noter que la Russie, l’Argentine et dans une moindre mesure l’Inde sont de loin les pays les plus protectionnistes, alors que le Mexique, l’Afrique du Sud et la Turquie restent relativement ouverts au commerce international.

Le recours massif aux mesures restreignant le commerce peut entraîner des délais de paiements plus longs pour les importateurs, mais aussi davantage de barrières à l’entrée pour les entreprises exportant vers les pays qui mettent en oeuvre de telles mesures. Au niveau mondial les effets, pour l’heure limités, doivent s’aggraver dans le contexte de division internationale des processus de production, pénalisant ainsi l’activité de toutes les entreprises de la chaîne. C’est, en outre, une tendance susceptible d’affecter particulièrement les entreprises européennes qui cherchent des débouchés dynamiques à l’heure où leurs demandes internes restent déprimées.

Le risque de bulle de crédit monte en Asie émergente

Les politiques monétaires expansionnistes, mises en place dans les pays émergents depuis la crise 2008-2009, et des lacunes en matière de règles prudentielles ont favorisé une croissance soutenue du crédit bancaire, au point de former de véritables bulles de crédit.

Sur la base d’un indicateur synthétique de bulles de crédit, croisant le niveau du stock de crédit et sa croissance, Coface estime que l’Asie émergente est la région la plus à risques (Malaisie, Thaïlande et dans une moindre mesure Corée, Chine et Taïwan). D’autres pays ont un stock de crédit au secteur privé moins élevé mais celui-ci augmente rapidement. Le Chili, la Turquie, la Russie et le Venezuela sont donc aussi dans une situation de boom de crédit ou très proche.




1.Posté par www.crisemajeure.fr le 09/05/2013 16:40

L’économie du continent asiatique est désormais durablement grippée

1 - La Chine a permis aux puissances occidentales d’écouler une part de leur production en mal de débouchés. Mais en sens inverse, la production asiatique émergente s’est faite au détriment économique des nations occidentales. Par exemple en 2007, le déficit commercial de l’Europe avec la Chine était de l’ordre de 160 mds $. En contrepartie, la Chine est très lourdement dépendante de la capacité d’absorption de l’occident. Pour les biens industriels produits en Chine, 30 % seulement sont vendus sur son marché intérieur. Le solde doit être impérativement négocié à l’étranger, sinon l’outil de production et le système bancaire seraient enrayés.
Pour les biens de consommation (produits fabriqués, destinés au consommateur) les proportions sont encore plus alarmantes, 20 % de ces marchandises sont achetées par les Chinois eux-mêmes, tandis que 80 % sont exportées sur le marché mondial. Un rapport qui se dégrade d’année en année, notamment depuis 2008.

2 - En interconnectant les économies américaines, européennes et chinoises, cela a permis d’enrichir une minorité de puissants groupes industriels et commerciaux, les plus riches au monde. Les dirigeants sont majoritairement intégrés à la structure de la véritable gouvernance mondiale, ou en sont de fervents soutiens. Ils se sont enrichis en délocalisant nombre de productions industrielles en Asie, tout en minorant les tranches salariales ouvrières dans les pays occidentaux, menaçant le personnel s’y opposant de délocaliser le travail.
Usant de cette stratégie, ils ont pu placer sur tous les continents leurs liquidités, en dollars, dans l’achat de biens concrets supposés inaliénables (minerais précieux, bois, matières premières raréfiées et de première nécessité, industries alimentaires, secteurs de hautes technologies, télécommunications…). Une manœuvre leur ayant permis 1) d’accroître leur puissance par rapport à tous les entrepreneurs lambda du secteur privé, durement soumis à la loi du marché, 2) de se protéger des conséquences financières d’un billet vert ayant perdu l’essentiel de sa valeur, très prochainement destiné à suppression.

3 – Dès les années 1980, puisque la Chine était désormais soumise à l’interconnexion des économies à l’échelle mondiale, il devenait possible de concentrer davantage de liquidités au niveau de la seule sphère du secteur financier. Dans un deuxième temps, de façonner un goulot d'étranglement pour assécher progressivement l’économie réelle au plan international, notamment en Europe et aux USA, diminuant d'autant la consommation de produits made in China. S'en suivrait à moyen terme la fragilisation de la capacité budgétaire de chacun des États-nation entièrement soumis à une économie de marché mondialisée, conformément à l’objectif central de sape de leur souveraineté.
En 2013, l’économie générale de la Chine régresse, en témoignent les villes fantômes (64 millions de logements vides) des infrastructures inutilisées (aéroports, routes…). Nombre d’entreprises sont en bernes ou contraintes de fermeture. Le gouvernement maintient artificiellement la croissance en investissant à hauteur de 600 à 700 milliards $ (soit 1/4 de sa réserve de changes) pour soutenir le secteur de la production mais sans contrepartie à l’export. Il fait du dumping en accordant aux entreprises 10 % de prime sur le chiffre d’affaires à l’export, en bafouant les règles de l’OMC.

En 2007, à la rubrique « Perspectives pour l’économie mondiale » du magazine la Riposte d’août 2007, Alan WOODS avait anticipé cette régression économique " Bien avant d’avoir rattrapé les États-Unis, l’économie chinoise connaîtra une crise sérieuse, exactement comme ce fut le cas du Japon, par le passé. La quantité massive d’investissement dans l’industrie chinoise ne peut pas être absorbée par le marché intérieur (malgré son développement rapide). La Chine se dirige tout droit vers une crise classique de surproduction, qui engendrera des développements politiques et sociaux explosifs dans ce pays "…

Dans un contexte mondial récessif sur fond d’inflation monétaire (perte de la valeur des principales monnaies due à l’incessante création monétaire), interconnexion et interdépendance des économies mondialisées obligent, les dernières données macroéconomiques démontrent que les exportations chinoises sont au plus bas, tandis que le marché intérieur n’a pas la capacité à absorber l’actuelle surproduction. Au final, conformément aux objectifs du cartel mondialiste, comme toutes les autres nations, la Chine est bel et bien assujettie et piégée dans les mâchoires d’une mondialisation féroce.


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