Défaillances d’entreprises : une baisse de 5 % au quatrième trimestre 2014

28 Janvier 2015
Rémi Lepage
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Les défaillances de PME sont au plus bas depuis 2008 mais les petits employeurs signent un record de sinistralité.



Sans établir un nouveau record, le nombre de défaillances d'entreprises bloque au-dessus des 60 000 pour la sixième année consécutive. Plus exactement, les tribunaux ont prononcé 60 966 ouvertures de redressements judiciaires ou liquidations judiciaires directes et 1620 sauvegardes selon une étude Altares, soit 62 586 procédures ; un chiffre en retrait de 0,8 % par rapport à 2013. Les chiffres avaient été encore plus mauvais en 2012.

Redressement des affaires

Le dernier trimestre 2014 signe une tendance plus forte avec une baisse des défaillances de 5% très au-dessous des 16 000 jugements (15 658). Ce chiffre, le meilleur depuis trois ans, témoigne d'un redressement des affaires. Pour illustration, le nombre de PME défaillantes (10 salariés et plus) est au plus bas depuis 2008. C'est notamment très sensible sur les sociétés employant au moins 50 salariés ; celles-ci enregistrent un recul des ouvertures de procédure de 20% sur un an (452 contre 562 en 2013 et 456 en 2008) et 25 % sur le seul quatrième trimestre. L'industrie manufacturière poursuit son redressement et les services BtoB lui emboitent le pas. Les difficultés restent, cependant, fortes pour les très petites entreprises de un ou deux salariés ; les défaillances de ces TPE augmentent de 18 % sur l'année et encore 22 % sur le quatrième trimestre.

« Les PME ont adapté leur exploitation aux soubresauts conjoncturels et ont privilégié leurs marges en différant les investissements. Certes, les trésoreries restent inconfortables et les carnets de commandes modestement garnis, mais la prudence a désormais pris le pas sur l'inquiétude dans les PME et ETI. L'heure n'est plus à la gestion de crise mais à la reconquête des affaires en dépit d'une croissance fragile », explique Thierry Millon, directeur des études Altares. Dans ces conditions, le nombre d'emplois menacés retombe sous le seuil des 250 000 comme en 2010 et 2011. Là encore le recul sur un an (- 9 %) s'amplifie en fin d'année (62 400 soit - 13 %).

Nombre de défaillances d'entreprises par type de procédure      
       
  2010 2011 2012 2013 2014 Evolution 2014/2013 2013T4 2014T4 Evolution 2014/2013
Sauvegardes 1261 1419 1516 1633 1620 -0,8% 417 409 -1,9%
Redressements Judiciaires
ou Liquidations judiciaires directes
59 296 59 018 60 543 61 468 60 966 -0,8% 16 068 15 249 -5,1%
Dont RJ 18 842 18 807 18 726 18 465 18 092 -2,0% 5 007 4 657 -7,0%
Dont LJ 40 454 40 211 41 817 43 003 42 874 -0,3% 11 061 10 592 -4,2%
TOTAL FRANCE 60 557 60 437 62 059 63 101 62 586 -0,8% 16 485 15 658 -5,0%
Dont PME > 50 salariés 472 515 562 565 452 -20,0% 141 106 -24,8%
Ensemble Emplois menacés 242 500 247 200 268 400 269 300 244 400 -9,2% 71 900 62 400 -13,2%
 Source : Altares      

La situation des PME s'améliore

Depuis 2014, il y a désormais autant d'entreprises en redressement ou liquidation judiciaire (21 700) sans salarié qu'avec un ou deux salariés. Mais, tandis que ce chiffre est en recul de 10% sur les premières, il bondit de 18 % pour les secondes. Sur le quatrième trimestre, l'écart continue de se creuser avec, respectivement, une baisse de 23 % contre une hausse de 22 %.

En 2012 et 2013, les défaillances de TPE de trois à neuf salariés étaient aussi nombreuses qu'en 2009, au-delà de 14 000 par an. En 2014, ce chiffre repasse sous ce seuil à 13 770, en recul de 5,5% sur un an, comme sur le quatrième trimestre. 2014 signe un retournement fort avec un recul de 10% du nombre de jugements d'ouvertures de procédures sur l'année et 13% sur le quatrième trimestre. Avec moins de 4 600 défaillances, l'année 2014 est à un niveau au plus bas depuis six ans. Il faut remonter à 2008 (3 800 procédures) pour trouver un meilleur chiffre.

Parmi ces PME, celles employant au moins 50 salariés enregistrent des performantes plus élevées encore, avec seulement 452 défaillances, soit moins qu'en 2008 (456). Le nombre d'ouvertures de procédures recule de 20% sur l'année et 25 % sur le dernier trimestre.

Les clignotants passent au vert dans de nombreuses activités

La plupart des activités tente d'accompagner le mouvement de stabilité de la sinistralité, et certaines enregistrent une amélioration plus sensible. L'industrie manufacturière avait atteint des niveaux de défaillance inédits en 2009 avec plus de 4 000 RJLJ et 230 sauvegardes. En 2014, nous retombons sous le seuil des 3 000 procédures dont 2 850 cessations de paiement (-4,5%), un chiffre au plus bas sur dix ans. Si l'industrie agroalimentaire offre davantage de résistance en 2014 (-2,1%) après une année 2013 lourde, le compteur ne parvient toutefois pas à retomber sous les 1 400 procédures. Il en est de même pour les services aux entreprises (-3,4% ; 7 200 RJLJ) qui depuis six ans ne redescendent plus sous les 7 000 procédures annuelles.

Le secteur information et communication retombe sous le seuil des 1 500 procédures annuelles (1447 ; -8%) bien que les activités de services informatiques soient un peu à la peine. C'est probablement dans le secteur des transports que l'amélioration (-9%) est la plus partagée. Le transport routier de marchandises comptabilise un peu plus de 1 300 RJLJ comme en 2011, c'est-à-dire plus de 130 transporteurs épargnés par rapport à l'année dernière.

Les activités financières et d'assurance sont en revanche mal orientées avec 467 RJLL (+21%), chiffre au plus haut sur dix ans. Dans le bâtiment, qui concentre le quart des défaillances d'entreprises en France, le nombre de cessations de paiement évolue peu aux environs de 15 200 en moyenne depuis cinq ans. En 2014, ce chiffre est de 15 300 (+0,6%). Dans l'immobilier, la situation s'améliore pour les agences (-14%) mais se dégrade fortement dans la promotion (+31%).

Et pour 2015 ?

« Les bons chiffres de défaillances de ce quatrième trimestre laissent entrevoir qu'un point d'inflexion est en train d'être atteint quant à la sinistralité des entreprises. Toutes les entreprises encore debout en fin d'année sont autant de clients susceptibles de conforter les carnets de commandes dès ce début d'année. Le ton de l'année sera donné à fin mars pour beaucoup d'acteurs. Cette échéance est attendue, non pas comme le signal de la reconquête des clients, cela a déjà été enclenché, mais comme celui permettant de décider d'opérer quelques investissements trop longtemps repoussés. En effet, l'exigence client a progressé et les entreprises vont devoir innover pour capter de nouveaux marchés, de nouveaux modes de financement », estime Thierry Millon.


Rémi Lepage

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