Baisse des taux : un aveu d’impuissance !

7 Mai 2013
Éric Delannoy
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Jeudi dernier, la Banque centrale européenne (BCE) abaissait son principal taux directeur de 0,75 % à 0,5 %, un acte sans précédent dans l’histoire de la monnaie unique. Cette mesure vise à relancer la croissance d’une Europe en crise.

Un signal politique

Baisse des taux : un aveu d’impuissance !
La baisse du taux directeur est un signal plus politique qu’économique, il correspond à une mesure conventionnelle de la BCE dans son rôle principal de garantie de la stabilité des prix. Mario Draghi réaffirme ainsi l’indépendance de la BCE par rapport à une Allemagne qui était opposée à la baisse du taux directeur. Il donne un signe de confiance aux pays européens pour accompagner une éventuelle reprise.

Pourtant, la portée économique réelle de cette mesure est faible et traduit l’impuissance de la BCE à prendre les mesures nécessaires pour aider à la reprise de la croissance. Aujourd’hui les banques ne manquent pas de liquidités et cette baisse du taux directeur risque de ne pas être transférée à l’économie réelle.

Les problèmes de financement demeurent

Les freins à la reprise économique, spécifiques pays par pays, concernent l’incapacité à soutenir l’activité et le développement des PME qui, en Europe, représentent 65% des emplois et 55% de la richesse créée, et dépassent largement le cadre d’interventions possibles de la BCE.

Les banques sont incitées à limiter les crédits à moyen terme aux PME. Pour satisfaire aux nouvelles exigences réglementaires, les banques sont incitées à accumuler des liquidités et à limiter leur prise de risque. Cela les pousse à limiter les crédits à moyen terme aux PME en durcissant les règles d’octroi. Elles se désengagent d’une partie du financement aux PME.

Face à cette situation, c’est une gageure d’imaginer que la baisse de 0,25 point du taux directeur de la BCE puisse avoir un quelconque effet. La BCE devrait privilégier l’utilisation de la Banque Européenne d’Investissement comme bras armé du soutien des PME européennes et favoriser un assouplissement des ratios de liquidité et de fonds propres imposés aux banques par la réglementation Bâle III.

À propos de l’auteur : Éric Delannoy est vice-président de Weave, cabinet de conseil en stratégie opérationnelle.


Éric Delannoy


1.Posté par Peretz le 09/05/2013 10:12

Il y a deux possibilités pour relancer la croissance : augmenter les possibilités de financement des entreprises, dont effectivement les PME/PMI sont les meilleures cibles, et celle traditionnelle, qui a été depuis toujours la base de l'économie, les salaires. C'est à partir d'un pouvoir d'achat en progression permanente que les entreprises investissent. Ce qu'on appelle la confiance. Tant que les salaires stagneront, rien ne sera possible.

2.Posté par www.crisemajeure.fr le 09/05/2013 16:36

Tous les artifices et stimulants économiques sont désormais épuisés

Aucun moyen technocratique ne peut apporter la solution à l'actuel contexte de délitement économique. Depuis la période d’enclenchement de la crise majeure, au cours des années 1980, tous les montages savants utilisés pour doper l'économie sont présentement épuisés. Ils incluent :

o La baisse des taux d’intérêt – la hausse exponentielle de la dette publique par transfert illégitime de la dette privée d'origine bancaire.
o La relance de la consommation intérieure – le crédit facilement accessible – les primes à la consommation – la spéculation incessante d’un grand nombre d’individus riches et plus pauvres, à tous les niveaux de la société – la détaxation préférentielle des entreprises les plus riches…

o Les sommes colossales récemment allouées si facilement par les États-nation au système bancaire. Et depuis peu, la multiplicité d'emprunts d'États sur les marchés financiers, sous forme d'obligations, pour financer la dette publique de chaque nation. Et vaille que vaille pour soutenir par l'emprunt d'autres gouvernements, tout juste moins endettés qu'eux.

o Les 2000 milliards de dollars « Monopoly » injectés par la FED depuis 2008 dans le circuit financier, n’est qu’une manne artificielle qui n’euphorise que les marchés boursiers.

Toute de cette pyrotechnie (aperçu ci-dessus) est désormais déstockée. Continuer à l’utiliser ne fait que rassurer artificiellement les spéculateurs intermédiaires et une partie du grand public. Quant aux grands argentiers, initiés à la confrérie, ou soutiens du cartel occulte, ils ont su investir leur immense fortune en biens concrets. Ils détiennent à eux seuls des pans entiers de l'économie réelle, se préservant ainsi de tout effondrement boursier, monétaire.

3.Posté par Peretz le 09/05/2013 17:25

Non.Tout n'a pas été épuisé. Comme je l'ai dit plus haut, la seule possibilité de relance, est l'augmentation du pouvoir d'achat. En mettant le curseur sur l'entreprise, tous les gouvernements, je dis bien, tous, se sont plantés parce que l'efficacité des aides et soutiens qui leur ont été attribués ont toujours été en partie déviés. Ce qu'on appelle les effets d'aubaines (plus de 30 milliards par an). Alors que si cette manne avait été distribuée aux salariat (par l'Etat), les achats auraient été boostés vers l'automobile et surtout l'immobilier, sans compter la consommation, si on prend soin de cibler les classes défavorisées (pour éviter l'épargne). Elémentaire mon cher Keynes...Je démontre cette logique imparable à l'aide d'un modèle macroéconomique, dans mon bouquin.

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