140 000 foyers sont sortis de la pauvreté grâce au RSA

23 Mai 2011
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140 000 foyers sont sortis de la pauvreté grâce au RSA
Le revenu de solidarité active (RSA) couvrait, fin 2010, 1,8 million de foyers, soit 3,8 millions de personnes. En 2010, le RSA a permis à 140 000 foyers de franchir le seuil de pauvreté. C'est deux fois plus qu'en 2009 mais toujours pas autant que son fondateur, Martin Hirsch, envisageait. Néanmoins, c’est un chiffre qui donne un bel argument aux pros RSA face aux déclarations de Laurent Wauquiez sur le RSA. Ce dernier accusait le RSA de créer des assistés.

Pour en finir avec ces dérives, il voulait plafonner les minima sociaux à 75 % du SMIC et imposer, en contrepartie du RSA, quelques heures de travail pour la communauté. Mais en réalité, Laurent Wauquiez se trompe de combat. Le RSA ne crée pas des assistés, ils sauvent juste de la pauvreté. Avec le versement du RSA activité, le revenu médian des travailleurs pauvres s'est accru de 18 %, selon le rapport intermédiaire du comité d'évaluation du RSA publié au début de l'année. Le montant moyen de RSA activité versé est de 170 euros par mois.

Distinction entre le "RSA socle" et le "RSA activité"

Pour bien comprendre ce débat, il faut bien aussi comprendre la distinction qu’il existe entre le "RSA socle" et le "RSA activité". Si le bénéficiaire ne travaille pas, il touche le "RSA socle" (d'un montant de 467 euros pour un célibataire depuis le 1er janvier 2011), l'équivalent de l'ancien RMI. Lorsqu'il reprend un travail à faible salaire, il perçoit alors un complément de revenus, le "RSA activité", ce qui renforce l'incitation au retour à l'emploi. Le complément décroît au fur et à mesure que le salaire augmente, mais toute heure supplémentaire travaillée assure un gain.




1.Posté par x le 24/05/2011 23:41

ce ne sont pas 140 000 foyers mais 75 000. C'est 140 000 personnes contre 135 000 en 2009.

2.Posté par Economie et société le 25/05/2011 10:48

Bonjour,

Ce sont les Échos qui ont révélé cette info sur leur site, il est bien écrit : 140 000 foyers. Elle a été reprise par l'ensemble des médias.

Quelles sont vos sources ?

Vincent

3.Posté par x le 25/05/2011 20:46

Il serait en effet intéressant que les échos vérifient leur source.
Le rapport 2010 qui est évoqué par les échos (que l'on peut trouver sur le site de la documentation française car sur le site rsa le lien ne marche pas) donne les chiffres fin 2009 page 47 : 71 000 foyers et 135 000 personnes qui auraient franchi le seuil de bas revenus. Les échos évoquent "une réunion du comité de suivi du dispositif", mais aucun document à l'appui. Ce chiffre serait surprenant car le nombre de bénéficiaires du RSA n'a pas doublé en un an, et le montant du rsa activité donné par les échos est de 170 €, soit le même chiffre que l'on trouve sur le rapport 2010 (page 20), alors que le seuil de bas revenus a sans doute mécaniquement progressé.
Donc si c'est 140 000 personnes, ça ferait environ 74 000 foyers (par une règle de 3)?

4.Posté par gdm le 26/05/2011 11:36

Une redistribution est versée à un cible initiale que l’État veut aider. Ceux-là ne font aucun effort pour en bénéficier. Mais d'autres candidats au RSA se mettent dans les conditions administratives pour en bénéficier. Ils sacrifient parfois un gros manque à gagner afin de bénéficier de cette redistribution de l’État. Certains renoncent à travailler pour gagner le smic. Ils préfèrent recevoir la moitié du smic, mais sans travailler. Chaque bénéficiaire du RSA a sacrifié un certain nombre de jours de travail pour en bénéficier.

Ceux qui renoncent à travailler pour bénéficier du RSA ont un cout social important. Un "cout d'opportunité" est de la richesse non produite par préférence pour autre chose. Ce cout social du RSA est un cout d'opportunité. C'est autant de jours non travaillés. C'est autant de richesses non produites. C'est une perte pour pour la société.

Souvent, un bénéficiaire arbitre entre recevoir un RSA sans travailler ou travailler pour smic. Mon intuition est que ce total du cout social est la moitié de la redistribution. Une enquête sur le terrain permettrait d’être plus précis sur ce chiffre.

Un candidat à une subvention investira en manque à gagner afin de recevoir son RSA. Plus généralement, chacun investit 80 pour gagner 100. Son investissement consiste dans un salaire non perçu et dans des démarches administratives. D'autres investiront 20 de salaire non perçu afin de recevoir 100 de RSA. L'investissement d'un candidat au RSA variera ainsi entre 0 et 80 afin de recevoir 100. L'investissement total des candidats au RSA sera d'environ la moitié du RSA.

La moitié de la redistribution du RSA s'accompagne donc d'une perte sociale égale à la moitié du budget du RSA. Cette perte sociale est la valeur du travail non fait par les candidats au RSA.

5.Posté par Economie et société le 26/05/2011 16:38

@x : Si le rapport dont vous parlez date de 2010, les chiffres portent quant à eux sur l'année 2009. Les Echos ont obtenu la version 2011 du rapport (portant sur l'année 2010). J'ai essayé de trouver ce rapport en ligne, sans succès. Les Echos ont surement du en avoir les premiers chiffres avant sa publication. J'ai essayé de contacter le journaliste des Echos pour en savoir plus mais pas de réponse.

6.Posté par x le 26/05/2011 21:06

Le site rsa.gouv indique que le rapport intermédiaire pour 2010 est paru en janvier 2011 et que le rapport final paraîtra en décembre 2011...
Donc nous sommes face à une affirmation
- peu vraisemblable
- invérifiable
- et comme le disent les journaux, qui donne un bel argument aux pros RSA
Mais est-ce vraiment un hasard que le "bel argument" soit justement peu vraisemblable et invérifiable?

Parce que si on considère que ce sont 74 000 foyers qui sont "sauvés de la pauvreté", alors qu'il y a 1 800 000 foyers au RSA en tout, ça ne fait pas beaucoup tout de même! Et c'est cher pour ce que ça donne!
Du coup la question devient légitime: le RSA ne crée t'il pas plus de nouveaux assistés qu'il ne sauve de personnes de la pauvreté?

Au final, pas si beau que ça l'argument, mais comme dirait votre dessinateur... "Les journalistes français cachent-ils la vérité ?"

7.Posté par gdm le 27/05/2011 14:34

@x
Vous posez la question "le RSA ne crée t'il pas plus de nouveaux assistés qu'il ne sauve de personnes de la pauvreté?". A mon avis, oui. La raison est le processus que je décris dans mon précédent message ci-dessus. Il existe probablement la moitié des bénéficiaires du RSA qui préfèrent ne pas travailler et recevoir gratuitement le RSA. Les moyens techniques d’enquête existent pour connaitre cette exacte proportion. Mais, jamais, un Etat ne procède à une évaluation de l'efficacité d'une redistribution. En effet, le résultat révèle invariablement un échec.

L'Etat veut faire croire que la bonne intention suffirait à faire de bonnes mesures sociales. Et donc, ceux qui contestent ces mesures sociales seraient donc de méchantes gens égoïstes, des affreux libéraux. Mesurer l'efficacité des mesures sociales est un tabou.

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