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 <title>Economie et société - Les clés pour comprendre l'actualité</title>
 <subtitle><![CDATA[Économie et société est un webzine dédié à l'analyse de l'actualité économique. Son objectif est de fournir à tous les moyens de comprendre les enjeux de l'actualité économique et sociale. Économie et société est un webzine participative. Chacun peut participer à sa construction.]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-18T01:24:06+02:00</updated>
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   <title>La Grèce n’est pas l’Irlande et vice-versa</title>
   <updated>2010-12-16T19:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.economieetsociete.com/La-Grece-n-est-pas-l-Irlande-et-vice-versa_a540.html</id>
   <category term="Macroéconomie" />
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   <published>2010-12-16T06:01:00+01:00</published>
   <author><name>Morad El Hattab et Irving Silverschmidt</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/2550458-3595912.jpg?v=1292410212" alt="La Grèce n’est pas l’Irlande et vice-versa" title="La Grèce n’est pas l’Irlande et vice-versa" />
     </div>
     <div>
      Depuis le sommet européen du 29 octobre 2010, les dettes souveraines de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, ne peuvent se placer sur les marchés qu’à des conditions léonines. En effet, ce jour-là, la Chancelière Angela Merkel a de nouveau crié la vérité : les mécanismes de sauvetage de l’Europe, à savoir le fonds européen de 110 milliards d’€ dédié à la Grèce et « l’European Financial Stability Facility » de 440 milliards d’€ (en fait plutôt 320 milliards d’€), ont une durée de vie limitée à trois ans, au-delà de juin 2013, ils s’achèvent.        <br />
              <br />
        Or, l’Allemagne n’accepte d’aller au-delà que si le sauvetage de l’Europe comprend la punition des pêcheurs et surtout de ceux qui les ont financés. Les fonds d’investissements en obligations, soit les prêteurs (y compris d’ailleurs les banques, les fonds de pension et beaucoup de hedge funds) ont tout de suite lu l’horrible vérité : « tu as été compté, et ton règne prend fin, tu as été pesé et trouvé trop léger, et ton royaume sera partagé » - Prophétie de Daniel au roi de Babylone la veille de sa mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pas de vacances pour le Club Med</b></div>
     <div>
      Ainsi, les prêteurs sont prévenus, à l’avenir en cas de naufrage du « Club Med » (Irlande, Portugal, Grèce, Espagne), il n’y aura plus pour eux de places garanties sur les chaloupes, ils seront jetés aux requins avec les autres… Déjà la plus importante des Caisses européennes de compensation, LCH Clearnet, exige des opérateurs qui, sur le marché du repo, apportent en garantie des Bons du Trésor irlandais, d’y joindre 15% de plus en liquide. De même, les contrats de repo sur les Bons du Trésor irlandais doivent être accompagnés d’une garantie de 15% en liquide.        <br />
              <br />
       Les contrats de repo permettent aux opérateurs de vendre par exemple des Bons du Trésor irlandais, avec l’engagement de les racheter à un prix légèrement plus élevé à l’échéance.Les banques irlandaises, engagées à hauteur de 4 à 8 milliards d’€ sur des transactions repo de Bons du Trésor irlandais ont dû apporter quelques 1 à 1,5 milliards d’€ en liquide pour répondre aux exigences de garantie, et pour les trouver, elles ont vendu ce qu’elles pouvaient : des Bons du Trésor irlandais !       <br />
              <br />
       Déjà, les requins et les fonds vautours rôdent, fort tentés de vendre à découvert des obligations de l’Etat irlandais (à charge d’en trouver dans les trois jours pour en couvrir la vente). Tout ceci offre un délicieux parfum de Bear Stearns et de Lehman Brothers. Et comme en mai 2010, pour sauver le marché des Bons de Trésor du « Club Med », depuis le début de novembre 2010, le « gendarme » (pardon, la BCE) intervient.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Réfléchir avant de prêter</b></div>
     <div>
      En mai 2010, la BCE avait acquis pour 64 milliards d’euros de Bons du Trésor du « Club Med », cette première semaine de novembre 2010, elle en a acquis pour 911 milliards d’€ (à comparer au 1 à 1,5 milliards d’€ désespérément recherchés par les banques irlandaises).       <br />
              <br />
       Il y a évidemment de quoi réfléchir avant de prêter, et à tout le moins faire payer le risque pour l’emprunteur : au 10 novembre 2010, les écarts de taux entre les « Bunds » allemands à 10 ans et les Bons du Trésor atteignaient 490 points pour le Portugal, soit un taux d’intérêt de 7,31 %, 635 points pour l’Irlande, soit 8,75 %, et 916 points pour la Grèce soit 11,57 %. Il ne suffit plus de se méfier du chant des sirènes mais aussi du fado portugais et des ballades des bardes irlandais...
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Une austérité qui ne suffira pas</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/2550458-3595950.jpg?v=1292410937" alt="La Grèce n’est pas l’Irlande et vice-versa" title="La Grèce n’est pas l’Irlande et vice-versa" />
     </div>
     <div>
      Pourtant, le Portugal et l’Irlande ont déjà commencé de sérieux efforts d’austérité : hausse de la TVA, gel des retraites publiques et des investissements d’infrastructure pour le Portugal ; baisse de 10% des allocations familiales, baisse de 7% des retraites et de 15% des salaires des fonctionnaires pour l’Irlande.       <br />
              <br />
       Le fait est que les plans de rigueur déjà en œuvre ne sont que des premières phases. Le plan irlandais aurait dû permettre de réduire le déficit budgétaire de 11,9% du PIB à 9,25%-9,5% du PIB mais l’Irlande est à présent enfoncée par ses banques. La Grèce devait réduire son déficit budgétaire de 13,6 % du PIB à 7,9 % du PIB, ce sera 9,5 %du PIB. Pour réduire les endettements publics, il faudra faire beaucoup plus, déjà l’Irlande prévoit de doubler de 7,5 à 15 milliards d’euros son plan d’économies.       <br />
              <br />
       Établi lors de la crise financière de mai 2010 lorsque le Président de la BCE avait convaincu la Chancelière de l’Allemagne fédérale que la crise était une crise de l’euro, le plan de sauvetage de l’Europe semblait garantir la solvabilité des pays faibles de la zone euro. En réalité, il apportait la possibilité de 110 milliards d’euros de crédit par l’Union Européenne (initialement pour la Grèce) et de 440 milliards d’euros de garanties des emprunts par les Etats membres (dont 320 milliards d’€ par des Etats notés AAA). C’était verser des crédits supplémentaires à des surendettés…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Et après ?</b></div>
     <div>
      De toute façon, l’Allemagne n’a promis de payer que jusqu’à l’été 2013. À présent, la Chancelière Angela Merkel exige la sanction du pêcheur, et surtout que les plans de sauvetage de l’Europe comprennent une restructuration des dettes, c'est-à-dire une « coupe de cheveux » pour les créanciers, or l’histoire des restructurations des dettes souveraines suggère des « coupes de cheveux » de l’ordre du tiers à la moitié du montant des dettes !       <br />
              <br />
       Les exigences allemandes sont loin d’être illogiques, en effet sauver le « Club Med », c’est sauver les banques prêteuses (allemandes, françaises, irlandaises et espagnoles). Il est normal qu’elles participent aux sacrifices mais alors des crises bancaires en Europe deviennent possibles. L’ennui, comme l’a crié Jean-Claude Trichet lors du sommet européen du 29 octobre 2010, c’est que la révélation de la vérité provoque la fuite des investisseurs et les ventes à découvert par les vautours avant que l’Europe n’ait trouvé les moyens de résoudre la crise financière.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;"><iframesrc=’http://www.economieetsociete.com/docs/Nouveau_Document_Microsoft_Office_Word.mhtml’width=’100%’scroling=’no’frameborder=’0’></iframe></div>
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   <title>L’euro et les rochers de Sisyphe</title>
   <updated>2010-12-01T12:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.economieetsociete.com/L-euro-et-les-rochers-de-Sisyphe_a522.html</id>
   <category term="Macroéconomie" />
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   <published>2010-12-02T07:01:02+01:00</published>
   <author><name>Morad El Hattab et Irving Silverschmidt</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chacun des peuples des quatre pays périphériques de l’Eurozone porte à présent ses dettes d’Etat comme Sisyphe son rocher. Heureusement, l’Europe veille, et pour sauver les États de la faillite, elle apporte des crédits supplémentaires. Un cercle vicieux ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/2518533-3547117.jpg?v=1291203143" alt="L’euro et les rochers de Sisyphe" title="L’euro et les rochers de Sisyphe" />
     </div>
     <div>
      La Grèce, en plus de ses 300 milliards d’euros de dette publique fin avril 2010, reçoit quelques 110 milliards d’euros prêtés par un fonds européen. La dette publique grecque dépassera donc les 400 milliards d’euros, soit 160 % du PIB annuel de la Grèce. En Irlande, partie de 25 % du PIB annuel de 164 milliards d’euros en 2007, la dette publique y atteint à présent 80 % du PIB annuel soit 130 milliards d’euros, avec le plan de sauvetage elle atteindra 230 milliards d’euros, soit 140% du PIB annuel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Des dettes comprises entre 120 et 160 % du PIB</b></div>
     <div>
      Au Portugal, le plan de sauvetage prévisible doit atteindre 50 milliards d’euros, en plus des dettes déjà parvenues à 90% du PIB annuel. Quant aux dettes publiques espagnoles, parties de 40% du PIB annuel de 1000 milliards d’€ en 2008, elles atteignent à présent 700 milliards d’€, soit 70% du PIB annuel. Un éventuel plan de sauvetage européen, estimé à 350 milliards d’€ (soit le renouvellement des dettes espagnoles d’ici 2013, dont 192 pour la seule année 2011) porterait donc les dettes hispaniques à plus de 1050 milliards d’€ soit 105% du PIB annuel.       <br />
              <br />
       C’est ainsi que nos quatre peuples « Sisyphe » s’apprêtent à porter des dettes jusqu’à 120-16 0% de leur Produit intérieur brut (PIB)  au lieu de 70-90 %. Bref deux rochers au-lieu d’un. Et comme le disait notre ancien Premier Ministre, M. Jean-Pierre Raffarin : « la route est droite mais la pente est rude ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Est-ce bien raisonnable ? </b></div>
     <div>
      Les crises des quatre Etats périphériques ne s’expliquent pas vraiment, le cas de la Grèce mis à part, à partir de gestions désastreuses des finances publiques. En fait, les causes sont ailleurs : en Irlande et en Espagne, ce sont des bulles immobilières financées à crédit avec effet de levier par les banques locales certes, mais aussi européennes (surtout françaises et allemandes).        <br />
              <br />
       Au Portugal et aussi en Espagne, la situation résulte plutôt d’une grave dégradation de la compétitivité économique en particulier vis-à-vis de l’Allemagne. Le phénomène ne se limite d’ailleurs pas aux pays périphériques de l’Eurozone. En effet, sur la période 2000-2010 les coûts de la main d’œuvre ont par rapport à l’Allemagne augmenté de 15% au Portugal, un peu plus de 30% en Espagne et en Italie.        <br />
              <br />
       Les vraies causes des crises des finances publiques des quatre États périphériques sont donc en réalité les suivantes :       <br />
              <br />
       -	Des bulles immobilières financées à crédit avec effet de levier par les banques européennes, dans son ampleur, l’équivalent des subprimes américaines.        <br />
       -	Des déséquilibres profonds de compétitivité entre les Etats membres de l’Eurozone.       <br />
              <br />
       Les bulles immobilières financées à crédit avec effet de levier par les banques européennes posent le problème de la réalité de la solvabilité des banques européennes elles-mêmes. L’exposition des banques étrangères à l’Irlande atteint 731 milliards de dollars dont 509 milliards pour les banques européennes (sources : FMI et BRI). L’exposition des banques européennes aux économies périphériques dépasse, selon une étude de la Royal Bank of Scotland, 2000 milliards d’euros.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les crédits les plus risqués sont les prêts au privé</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/2518533-3547124.jpg?v=1291203163" alt="L’euro et les rochers de Sisyphe" title="L’euro et les rochers de Sisyphe" />
     </div>
     <div>
      Certes les actifs toxiques ne sont pas des pertes, mais elles seront tout de même élevées. Les crédits les plus risqués ne sont d’ailleurs pas, du moins à l’origine, les prêts aux États. En effet, les finances publiques portugaises, espagnoles et irlandaises étaient bien gérées, les dettes publiques de ces États sont devenues risquées lorsque les économies de ces pays ont mal tourné. En fait, les crédits les plus risqués sont les prêts au privé, car souvent accordés au secteur de la construction, aux promoteurs immobiliers, voire aux banques locales, et là les risques de pertes sont élevés.       <br />
              <br />
       Il est évidement plus facile de prêter aux États pour que les contribuables de ces États remboursent les mauvais crédits des banques… Les plans de sauvetage européens ont donc un but différent de l’objectif affiché : il ne s’agit pas de sauver les États périphériques de l’Eurozone, mais de sauver les banques européennes surtout allemandes et françaises qui ont accepté d’y consentir des crédits risqués, mais à des taux d’intérêt plus élevés qu’ailleurs.        <br />
              <br />
       La compétitivité des industries allemandes ruine de nombreuses industries européennes, mais, à vrai dire, la douleur se porte plutôt sur l’Italie et la France, jusque là en dehors des crises financières de l’Eurozone. La compétitivité allemande a été arrachée par près de dix ans d’austérité avec le blocage des salaires et la réduction des dépenses publiques.        <br />
              <br />
       Pour redevenir compétitives, la France et l’Italie devraient alors, soit dévaluer, mais à l’intérieur de la zone euro il est impossible de dévaluer, soit réduire les salaires et les charges sociales d ‘au moins 15% pour la France (c’est plus que la « Déflation Laval » de 1935) et 20 à 25% pour l’Italie. Outre Manche, le gouvernement Cameron s’y est lancé, reste à voir la réaction future des Britanniques. Les mouvements de foule contre la réforme des retraites, et l’état de l’opinion publique qui s’en sont suivis rendent politiquement peu réaliste au moins en France une telle déflation. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Les vrais problèmes de la zone euro sont donc les suivants : </b></div>
     <div>
      -	L’état des systèmes bancaires européens devant les pertes vraisemblables sur les plus de 2000 milliards d’€ engagés fans les bulles immobilières des États périphériques. L’Espagne pourrait bien devenir la tombe de certaines banques françaises et le Parthénon leur Mausolée, d’ailleurs la Pythie le sait bien... C’est l’équivalent européen des subprimes, c’est la phase européenne de la grande crise de la déréglementation sous la forme d’une crise bancaire majeure.       <br />
              <br />
       -	Les graves inégalités de compétitivité entre les pays de l’Eurozone. L’Allemagne réalise ses excédents commerciaux (135 milliards d’€ en 2009) sur les déficits commerciaux de la France (- 55 milliards d’€ en 2009), de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce, or l’Allemagne ne va plus vouloir prêter.       <br />
              <br />
       L’hypothèse d’une réduction du périmètre de l’Eurozone à l’Europe du Nord et Centrale pourrait alors se poser. L’Europe est parvenue à masquer ses deux crises économiques pendant deux ans, elle y parviendra peut être d’ici le printemps ou l’été 2011, mais comme la Du Barry en 1793, c’est implorer &quot;<span style="font-style:italic">quelques minutes à Monsieur le Bourreau</span>&quot;.       <br />
              <br />
       Les deux auteurs ont publié en août 2010,<span style="font-style:italic"> La vérité sur la crise</span>. Pour en savoir plus sur ce livre, <a class="link" href="http://www.economieetsociete.com/downloads/files/91397/" target="_blank">cliquez-ici.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;"><iframesrc=’http://www.economieetsociete.com/docs/Nouveau_Document_Microsoft_Office_Word.mhtml’width=’100%’scroling=’no’frameborder=’0’></iframe></div>
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