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 <title>Economie et société - Les clés pour comprendre l'actualité</title>
 <subtitle><![CDATA[Économie et société est un webzine dédié à l'analyse de l'actualité économique. Son objectif est de fournir à tous les moyens de comprendre les enjeux de l'actualité économique et sociale. Économie et société est un webzine participative. Chacun peut participer à sa construction.]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-07T03:11:08+01:00</updated>
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  <entry>
   <title>Le D Day... Le Draghi Day...</title>
   <updated>2012-09-12T15:22:00+02:00</updated>
   <id>https://www.economieetsociete.com/Le-D-Day-Le-Draghi-Day_a1254.html</id>
   <category term="Macroéconomie" />
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   <published>2012-09-07T12:19:00+02:00</published>
   <author><name>Charles Sannat</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Hier c'était le jour J, le D Day comme disent les Anglo-Saxons. D pour Draghi bien sûr, Mario Draghi, le Gouverneur de la Banque Centrale Européenne (BCE). Alors que j'écris ces lignes...Mario Draghi parle, et les tractations se poursuivent entre les États pour trouver le plus petit dénominateur commun, et laisser la marge de manœuvre nécessaire à la BCE pour imprimer des billets à la hauteur de &quot;<span style="font-style:italic">juste ce qu'il faut</span>&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Seule la BCE peut éteindre l'incendie</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/4702094-7023860.jpg?v=1347014700" alt="Le D Day... Le Draghi Day..." title="Le D Day... Le Draghi Day..." />
     </div>
     <div>
      Les autorités monétaires européennes sont désormais obligées d'intervenir. Le problème n'étant plus de savoir s'il le faut, mais comment le faire. Comment le faire, en respectant le mandat de la BCE et l'objectif allemand de maîtrise de l'inflation, qui ont une peur panique de la création monétaire débridée depuis l'époque de la République de Weimar qui déboucha sur l'avènement du nazisme et la ruine de l'Allemagne.       <br />
              <br />
       Comment le faire, en sauvant l'euro, et en permettant aux pays du Sud en plein marasme (avec en ligne de mire bien entendu l'Espagne et l'Italie) de s'en sortir au mieux. Comme nous l'avons toujours dit et affirmé, le FESF ou le MES, les mécanismes de sauvetage prévus, ne seront pas suffisants pour ces deux pays. Ils sont donc fondamentalement inutiles et ne serviront pas. Compte tenu des sommes en jeu, seule la BCE peut, en créant de la monnaie en quantité suffisante, permettre d'éteindre l'incendie qui menace d'emporter l'ensemble de la construction européenne de ces 60 dernières années. Pour le moment, les marchés donnent crédit à la stratégie d'intervention massive annoncée hier par la Banque Centrale Européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Des rachats d'obligations sans limite de montant</b></div>
     <div>
      Mario Draghi, en s'appuyant sur l'article 18 des statuts de la BCE, lance un programme de rachat d'obligations illimité sur des échéances allant jusqu'à trois ans. Cette maturité relativement courte recueillerait l'assentiment de notre partenaire allemand puisque cela permet de cadrer la création monétaire dans le temps. Le président de la Bundesbank, quant à lui, resterait farouchement opposé à ce changement radical de politique monétaire, et son gouverneur, Jens Weidmann, devrait démissionner dans la foulée afin de protester contre cette décision.        <br />
              <br />
       Mais ce n'est pas tout, la BCE renonce également à son statut de créancier privilégié pour ces achats d'obligations... Ce qui signifie en clair qu'elle accepterait de ne jamais être remboursée de ses créances... Au bout du chemin il faudra choisir entre renflouer la BCE (qui possède un bilan comme n'importe quelle banque), ou lui autoriser la création monétaire pure correspondante. En contrepartie, des conditions strictes seront demandées aux pays qui feront appel à l'aide de la BCE (Italie et Espagne) et l'intervention de la BCE d'une rigueur budgétaire sans faille. Cependant, à ce jour les modalités concrètes d'application de ce plan n'ont pas été dévoilées, ce qui illustre les tensions politiques toujours à l'œuvre et que les négociations entre Etats membres semblent s'éterniser.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une volonté, sauver l'euro</b></div>
     <div>
      C'est bien de cela fondamentalement qu'il s'agit. L'objectif n'est pas de sauver la croissance. L'objectif n'est pas de sauver l'économie, mais bel et bien de sauver la monnaie unique, l'euro. Les propos tenus par Mario Draghi hier sont sans ambiguïté : &quot;<span style="font-style:italic">Comme je l'ai déjà dit, nous ferons tout ce qu'il faut et ce sera assez. L'euro est irréversible et les craintes sont infondées. Je répète, infondées </span>&quot;.       <br />
              <br />
       Le premier pari de la BCE est qu'en disant que les rachats sont illimités en montant, cette simple annonce coupera l'herbe sous le pied des spéculateurs. C'est une bonne nouvelle car cela peut fonctionner, même s'il est fort à parier que dans les prochaines semaines les marchés testeront la détermination des Européens. Est-ce que ce nouveau plan de la dernière chance peut réussir ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le principal écueil reste bien politique</b></div>
     <div>
       Oui et non. Oui sur le court et moyen terme pour éviter l'explosion de la monnaie unique et la faillite d’États européens importants. Non sur le long terme, dans la mesure où le rachat d'obligations ne résoudra en aucun cas le problème fondamental de nos économies à savoir le manque de croissance, pour ne pas dire l'absence de croissance qui est un phénomène durable.       <br />
              <br />
        Mais cette décision sans nul doute permettra au système économique de tenir certainement quelques années de plus et nous pouvons imaginer un répit d'environ deux à trois ans. Cependant, pour que cela fonctionne, il faudra voir dans quelle mesure les &quot;conditionnalités&quot; imposées, disons-le clairement, par nos « amis » allemands seront dans leur détail acceptables par nos partenaires espagnols ou italiens.       <br />
              <br />
       Le principal écueil reste bien politique. Si les politiques de rigueur exigées sont trop drastiques, elles peuvent tout simplement politiquement être refusées. Dès lors, de fait, cela signifiera un retour aux monnaies nationales et de facto la reconfiguration de la zone euro. A court terme c'est le danger. A ce jour rien ne dit que l'orgueil ibérique pourra s'accommoder d'une mise sous tutelle de la Troïka (FMI, BCE, Union Européenne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Y a-t-il des risques à mener une telle politique de création monétaire ?</b></div>
     <div>
      Le risque majeur est celui bien évidemment de l'inflation, avec à terme, si le processus de création monétaire n'est pas maîtrisé, une hyperinflation qui peut s'avérer catastrophique aussi bien pour les finances des États que pour le pouvoir d'achat des ménages.        <br />
              <br />
       Il faut bien comprendre que, contrairement aux années 70 où la mondialisation n'existait pas, où les frontières protégeaient chaque économie nationale et où les salaires étaient indexés sur l'inflation, la situation a radicalement changé. Dans un monde ouvert, chaque point d'inflation en plus vient appauvrir d'autant les peuples dont les salaires n'évoluent plus ou très faiblement depuis maintenant plus de dix ans.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Peut-on maîtriser ces risques ?</b></div>
     <div>
      C'est tout le pari qui est fait par les autorités monétaires, d'abord par la FED, la Banque Centrale Américaine qui s'est lancée depuis plusieurs années dans une politique dite de &quot;quantitative Easing&quot; désormais imitée par la BCE. Nombreux sont ceux qui pensent que nous entrons dans un monde d'inflation voire d'hyperinflation.       <br />
              <br />
       Les forces déflationnistes à l'œuvre restent très fortes. La mondialisation (les délocalisations), la démassification (le remplacement des &quot;travailleurs&quot; par des machines ou des ordinateurs), le désendettement, la baisse des actifs immobiliers, la baisse des actifs actions, le vieillissement mondial de la population, sans même parler de l'impact d'une explosion des dettes souveraines qui effacerait des milliards d'euros d'épargne pour ne citer que les plus importantes.       <br />
              <br />
       Il ne s'agit pas de trancher le débat hier mais de mettre en exergue le risque non nul de voir le monde occidental basculer dans une déflation sévère. Le mauvais remake des années 30 n'a pu être évité que grâce aux interventions massives des banques centrales. Un arrêt des Quantitative Easing pour permettre une maîtrise de la masse monétaire, des risques inflationnistes et des déficits aurait pour conséquence un retour du risque déflationniste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Formule magique ?</b></div>
     <div>
      C'est une tendance qui se matérialise clairement depuis le début de l'année 2012, notamment en Europe avec la mise en œuvre de plans de rigueur de plus en plus nombreux et aux États-Unis à travers l'épisode difficile du relèvement du plafond de la dette, ou encore des derniers chiffres macro économiques qui sont mauvais et montrent une dégradation forte de la conjoncture économique en l'absence d'injections monétaire supplémentaires.       <br />
              <br />
       Le pari des banques centrales peut donc être résumé par la formule suivante :       <br />
              <br />
       Beaucoup de création monétaire - de fortes pressions déflationnistes = une inflation un peu plus forte mais maîtrisée.       <br />
              <br />
       C'est un pari, et cela n'a jamais été tenté. Dans l'histoire économique du monde, quelle que soit l'époque, la création monétaire a toujours amené les monnaies vers une valeur proche de 0.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Création monétaire européenne sans limite mais pas sans règle</b></div>
     <div>
      C'est toute la subtilité de ce qui a été annoncé hier par le Gouverneur de la Banque Centrale Européenne. Certes aucune limite de montant n'est fixée, pourtant, ce n'est pas pour autant un blanc sein et une autorisation pour faire n'importe quoi. D'abord la création monétaire viendra en accompagnement d'actions politiques dans les pays qui demanderont de l'aide. Pas d'austérité, pas d'aide. Le message est clair et limpide.       <br />
              <br />
       Ensuite, contrairement à ce qui a été fait précédemment, les chiffres seront communiqués pour certains toutes les semaines et pour d'autres mensuellement. Ce suivi permettra d'assurer une traçabilité quasiment en temps réel de la création monétaire en cours et là encore on reconnaît la main allemande. Enfin, Mario Draghi n'a pas souhaité baisser à nouveau les taux d'intérêt en insistant sur le niveau relativement élevé de l'inflation qui reste la priorité du mandat de son institution.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Pas assez d'argent gratuit</b></div>
     <div>
      Je pense que s'il y avait une manière de sauver l'euro, sans tomber dans le risque de création monétaire excessive, c'est la bonne méthode qui a été trouvé. Nous pouvons nous en réjouir car c'est une bonne nouvelle, enfin. Néanmoins les marchés attendaient beaucoup, beaucoup plus &quot;d'argent gratuit&quot; et, lorsque l'on y regarde de plus près, rien ne dit que la stratégie annoncée hier par Mario Draghi sera suffisante à terme.       <br />
              <br />
       Elle a beau être juste et équilibrée, économiquement fondée, je crains que la BCE ne soit vite dépassée, sur sa droite par les marchés (qui détestent les conditions et les contreparties), et sur sa gauche par des politiques démagogues qui ne souhaiteront pas être les Premiers ministres, ou les Présidents de l'austérité. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y aura aucun moyen indolore de sortir de cette crise et que le chemin sera encore long.       <br />
              <br />
       <b>À propos de l'auteur :</b> Charles Sannat est directeur des études économiques d'AuCOFFRE.com, site spécialisé dans l'achat et la vente de pièces d'or en temps réel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;"><iframesrc=’http://www.economieetsociete.com/docs/Nouveau_Document_Microsoft_Office_Word.mhtml’width=’100%’scroling=’no’frameborder=’0’></iframe></div>
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  <entry>
   <title>Inflation contre dette (et vice versa)</title>
   <updated>2011-12-01T10:35:00+01:00</updated>
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   <category term="Macroéconomie" />
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   <published>2011-12-01T08:01:00+01:00</published>
   <author><name>Louis Peretz</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      L’idée pour un pays comme la France, qui dans les années 1970 connaissait encore une inflation à deux chiffres de ne plus s’adresser à la Banque de France pour trouver les ressources nécessaires aux investissements et autres dépenses courantes, mais aux banques privées pouvait sembler intéressante : au lieu de faire marcher la planche à billets chaque fois que des besoins de liquidités nouvelles apparaissaient, on s’adressait à des financiers. En prêtant ces mêmes liquidités avec intérêt elles étaient censées freiner l’appétit de l’État.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un coût élevé</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/3491337-5026697.jpg?v=1322651046" alt="Inflation contre dette (et vice versa)" title="Inflation contre dette (et vice versa)" />
     </div>
     <div>
      Mais emprunter coûtait en intérêt alors que le Trésor public fournissait les mêmes sommes gratuitement. Les banques se sont précipitées sur le gâteau en évitant de trop se concurrencer sur les taux d’intérêt. Elles étaient d’autant plus contentes que l’inflation avait une fâcheuse tendance à diminuer la valeur des remboursements des sommes qu’elles prêtaient par ailleurs. Arrêter l’inflation qui prenait donc en grande partie sa source dans l’augmentation des salaires était tout bénéfice : le différentiel entre l’inflation et le taux d’intérêt devenait plus intéressant. Mais pour l’État, c’était oublier l’engagement d’avoir à rembourser à plus ou moins long terme, alors que la masse monétaire du Trésor public se faisait sous forme définitive de dons.        <br />
              <br />
       La charge des remboursements étant alors augmentée des intérêts elle aurait pu être compensée par des augmentations d’impôts. Ce qui n’était pas bien vu sur le plan électoral. Le résultat est là : les déficits se sont accumulés, les emprunts aussi. Les dettes se sont gonflées au point qu’il faut à nouveau augmenter les impôts, ou diminuer les dépenses ou faire les deux. C’est entrer dans l’austérité et la rigueur avec l’inconvénient de diminuer l’activité économique, donc les rentrés d’impôts correspondants. Sans compter que l’activité qui baisse engendre le chômage qui diminue les dépenses de consommation qui diminue l’activité, et ainsi de suite jusqu’à quand ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Accepter une certaine inflation</b></div>
     <div>
      Les États européens qui ont suivi l’option du tout sauf l’inflation, rendue obligatoire par les traités de l’Union européenne se trouvent dans la même situation. Certes ceux qui peuvent exporter, comme l’Allemagne ont des rentrées qui en partie compensent les déficits : les entreprises paient des impôts sur leurs bénéfices. Les taxes à l’importation qui sont avantagées par un Euro trop fort complètent ces ressources. Or l’Euro n’a cette côte que du fait que les économies des principaux pays de la zone sont considérées comme suffisamment sûres pour que les remboursements des prêts (dettes souveraines) fassent croire (crédit) que ces remboursements sont assurés. Mais au fur et à mesure que l’activité baisse (délocalisations dues également à l’Euro devenu fort, importations qui concurrencent la production intérieure), la récession s’installe et ces moyens de remboursements faiblissent. Les agences de notations le savent. Les nouveaux prêts entraînent une augmentation des taux d’intérêt qui augment le montant de la dette, etc...       <br />
              <br />
       Comment rompre <a class="link" href="http://www.economieetsociete.com/Dette-croissance-le-cercle-infernal_a953.html">ce cercle vicieux ?</a> Faire le contraire, c’est-à-dire refaire fonctionner la planche à billets en acceptant une certaine inflation. C’est-à-dire sortir de l’Euro et abroger la loi de 1973 qui en France l’interdisait. Alors c’est pour les économistes un scénario catastrophe, car ils ne savent pas, et cela a toujours été leur crainte, ce qui peut se passer dans la réalité. Comme l’a dit Keynes, les comportements des populations face à l’argent est souvent irrationnel. La panique est donc possible, si ceux qui ne subsistent que de leurs salaires et n’ont pas de liquidités d’avance épargne) peuvent se précipiter  en nombre chez leur banquier pour retirer des liquidités.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Ne pas paniquer…</b></div>
     <div>
      Le problème est alors de savoir si les banques pourront faire face à cette demande. En effet les dettes souveraines devraient continuer à être remboursées même en monnaie nationale (sinon elles ne pourront pas reprêter). Elles s’ajoutent à celles des particuliers. Sachant que les banques elles-mêmes ont prêté sans cesse des sommes qu’elles n’avaient pas (seulement 8% de fonds propres) elles peuvent être incapables de fournir les liquidités nécessaires. Pourront-elles seulement payer leurs salariés ?       <br />
              <br />
       Toutefois, l’État peut intervenir, nationaliser les banques, et fournir les liquidités nécessaires, quitte à faire à nouveau tourner la planche à billets. Les pauvres banques perdront les actifs qui leur restent, n’auront plus comme fonction que celle de banques de dépôt. C’est probablement ce scénario catastrophe que craignent certains économistes qui paniquent à l’avance… à l’idée de la panique. A supposer que l’inflation tant redoutée des banques réapparaisse, les entreprises seront contraintes à nouveau d’augmenter les salaires en les indexant. Et tout recommence comme avant. Sinon les pouvoir d’achat repart à la baisse, la déflation surgit avec ce que cela suppose de troubles sociaux incontrôlables. Ce qui ne serait peut-être pas plus grave que la rigueur actuelle qui aboutit au même résultat.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Le plus dur, ce n’est pas la chute, c’est l’atterrissage</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/3491337-5026708.jpg?v=1322651128" alt="Inflation contre dette (et vice versa)" title="Inflation contre dette (et vice versa)" />
     </div>
     <div>
      On en conclut que les politiques influencés par les financiers, ont enclenché un système de plus en plus incontrôlable, en troquant l’inflation contre les dettes souveraines de l’État. Apprentis sorciers qui n’ont que peu l’espoir de voir venir le sorcier lui-même pour tout arrêter et repartir du bon côté. Ce dernier devra s’imposer et prendre des mesures de coercition, protéger malgré tout le pouvoir d’achat des classes défavorisés en obligeant les entreprises à augmenter les salaires, imposer les niveaux des taux d’intérêts, freiner probablement les remboursements des dettes souveraines.        <br />
              <br />
       Or plus on attend pour sortir de l’Euro, plus la situation empire. Comme certains économistes l’ont dit : on (ceux qui sont au pouvoir), n’a pas agi suffisamment fort, et surtout pas assez vite. L’Allemagne qui a une peur bleue d’une inflation galopante (comme dans les années 1920) hésite. Entre la catastrophe annoncée d’une dépression et désinflation suivies d’un chômage massif incontrôlable et les problèmes sociaux possibles mais pas forcément catastrophiques d’une sortie de l’Euro, il y a un choix politique à faire délicat en période électorale. Or attendre encore et rester dans l’Euro n’est-ce pas reculer pour mieux sauter ?        <br />
              <br />
       <b>Louis Peretz</b> est spécialiste de la conception des systèmes d’information (diplôme d’Études supérieures scientifiques de l’Université de Paris I-Sorbonne). Il a été publié par des éditions du CNRS après avoir enseigné à l’Université de Paris VIII.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position: relative;"><iframesrc=’http://www.economieetsociete.com/docs/Nouveau_Document_Microsoft_Office_Word.mhtml’width=’100%’scroling=’no’frameborder=’0’></iframe></div>
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   </content>
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   <title>Dette : manipuler pour mieux privatiser</title>
   <updated>2011-11-08T10:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.economieetsociete.com/Dette-manipuler-pour-mieux-privatiser_a925.html</id>
   <category term="Macroéconomie" />
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   <published>2011-11-08T08:01:00+01:00</published>
   <author><name>Denis Garnier</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Contrairement aux vérités très largement répandues, &quot;<span style="font-style:italic">la dette n’est pas le résultat d’une tendance à la hausse des dépenses publiques mais de l’effritement des recettes publiques, (…) Ainsi en France, un récent rapport parlementaire chiffre à 100 milliards d’euros en 2010 le coût des baisses d’impôts consenties entre 2000 et 2010, sans même inclure les exonérations de cotisations sociales (30 milliards) et d’autres « dépenses fiscales </span>&quot;, souligne <a class="link" href="http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html" target="_blank">le manifeste des économistes atterrés.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Privatisation de la création monétaire</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.economieetsociete.com/photo/art/default/3414064-4910593.jpg?v=1320746449" alt="Dette : manipuler pour mieux privatiser" title="Dette : manipuler pour mieux privatiser" />
     </div>
     <div>
      La volonté du pouvoir en place d’expliquer la dette par un excès de dépenses ne vise en fait qu’à justifier <a class="link" href="http://www.economieetsociete.com/Debtocracy-la-gouvernance-par-la-dette_a820.html">la privatisation des États</a>,  derniers remparts contre l’insatiable envie de profits des prédateurs de l’économie. Je ne peux à cet endroit que recommander vivement la lecture de « L’Etat prédateur » de James K. Galbraith. Vous y apprendrez comment une coalition de puissants lobbies transforme les États en « république–entreprise » et détournent l’action et les fonds publics au profit d’intérêts privés.        <br />
              <br />
       Combinées au « Triomphe de la cupidité » de Joseph Stilglitz  et au « Monstre doux » de Rafaelle Simone, ou bien encore à « La  trahison des économistes » de Jean-Luc Gréau, les arguments des orthodoxes de l’économie libérale mondialisée s’effondrent comme des châteaux de cartes.  Les prédateurs nous essorent et nous ne sommes pas obligés d’applaudir ! Je veux verser au débat une des causes qui expliquent plus de 80 % du montant de la dette actuelle de la France. C’est l’histoire de la privatisation de la création monétaire. Pour bien comprendre le phénomène, remontons dans le temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’emprunt et la dette avant 1973 : </b></div>
     <div>
      Lorsque l’État avait besoin d’investir (sur la base d’un plan), il empruntait à la banque de France sans intérêt. C’était de l’argent crée pour les besoins du pays. Cet argent prêté disparaissait au fur et à mesure des remboursements par l’État, c'est-à-dire par l’impôt collecté qui permettait le remboursement à la banque de France.        <br />
              <br />
       À cette période qui dura de 1945 à 1973, « les trente glorieuses », il n’y avait aucun déficit, aucune dette si ce n’est les emprunts en cours auprès de la banque centrale. Si les emprunts auprès de la banque centrale étaient trop importants ou si la France ne les remboursait que partiellement, alors la création de monnaie s’apparentait à ce que l’on appelle communément la planche à billets. On imprime des billets sans valeur correspondante. Cette situation provoquait de l’inflation qui pénalisait d’une part les préteurs (prêts de banque à taux fixes contre inflation) et d’autre part affaiblissait la France pour les échanges internationaux. (Inflation, produits plus chers donc moins compétitifs…)       <br />
              <br />
       Le pouvoir politique avait une emprise sur l’économie qui à l’aide d’un plan pouvait programmer l’investissement de l’État sur plusieurs années. Il suffisait de maîtriser les dépenses (développement des services publics par exemple) et les recettes (impôts). L’année 1974 fut la dernière qui connu un budget excédentaire ! Il n’y avait pas de règle d’or, mais il n’y avait pas non plus de déficit. Les hausses d’impôts et de cotisations sociales étaient les leviers du financement de l’État et de ses comptes sociaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L’emprunt et la dette après 1973 : </b></div>
     <div>
      Permettez-moi de reprendre les explications portées sur Wikipédia :       <br />
              <br />
       &quot;<span style="font-style:italic">La Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France (aussi appelée loi Pompidou-Giscard du 3 janvier 1973, et parfois, péjorativement, loi Rothschild, allusion au fait que Pompidou fut directeur général de la Banque Rothschild), est une loi votée en France sous l'impulsion de Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre de l'Économie et des Finances, sous la présidence de Georges Pompidou. L'article 25 de cette loi est le suivant : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France. » Cet article a également été repris par l'article 104 du traité de Maastricht et par l'article 123 du traité de Lisbonne.       <br />
              <br />
       Cette loi modifie l'organisation de la Banque de France et affaiblit les droits du Trésor Public par rapport à celle-ci. L'article 25 interdit en effet au Trésor Public d'emprunter directement à la Banque de France à un taux d'intérêt faible ou nul (par création monétaire), comme il en avait jusqu'alors le droit. Les gouvernements français devront dès lors trouver d'autres sources de financement, principalement en empruntant à des taux d'intérêts plus élevés aux banques privées ou encore par des emprunts nationaux. </span>&quot;       <br />
              <br />
       La grande question est de savoir si l’on peut revenir en arrière ? Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain article qui sera publié la semaine prochaine, sur les conséquences que cela a sur la dette française.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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