Les économies d’Afrique du Nord n’ont pas fini leur révolution

22 Juin 2015
Antoine Balduino
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Egypte, Algérie, Maroc, Soudan et Tunisie doivent encore relever des défis politiques et de sécurité pour pouvoir tirer profit des promesses économiques de leur région.



Dans leur dernière étude « Global Economy Watch », les économistes du cabinet d’audit et de conseil PwC ont analysé les performances économiques des cinq premiers pays d’Afrique du Nord – Egypte, Algérie, Maroc, Soudan et Tunisie, près de cinq ans après les débuts du « Printemps arabe » qui a entrainé de grands bouleversements dans toute la région. Cette étude révèle les défis et les opportunités qui attendent les entreprises et les dirigeants politiques en Afrique du Nord.

Les économies d’Afrique du Nord souffrent du manque d’emplois et de difficultés politiques et de sécurité

Si la plupart des pays d’Afrique du Nord se sont lancés dans la lourde tâche de réformer leurs économies, des difficultés politiques et de sécurité persistent. Selon les économiques de PwC, les difficultés politiques et de sécurité représentent les principaux risques qui pèsent sur l’avenir des pays nord-africains, agissant comme des obstacles à la prospérité de la région. Pour Olivier Salesse, Directeur Strategy chez PwC :« Les entreprises ne peuvent plus passer à côté de l’Afrique du Nord. Les cinq premières économies nord-africaines sont très peuplées – elles dépassent très légèrement les 200 millions d’habitants, soit la population du Brésil ; elles sont relativement bien éduquées et géographiquement bien positionnées pour accéder aux marchés d’Europe, du Moyen-Orient et du reste de l’Afrique. Selon l’étude de PwC sur les villes d’opportunités en Afrique, quatre des cinq premières villes d’opportunités africaines sont issues d’Afrique du Nord. »   

Les économistes de PwC ont identifié trois facteurs qui devraient influencer à l’avenir les cinq premières économies nord-africaines :

La bonne nouvelle : des réformes sont en cours. La plupart des pays d’Afrique du Nord ont lancé des réformes économiques, notamment dans le secteur public. Par exemple, l’économie la plus importante de la région, l’Egypte, a éliminé en grande partie les subventions énergétiques, libérant ainsi des ressources pour d’autres projets allant de l’éducation à la réduction progressive des taux d’imposition des sociétés. D’autres se sont efforcés de stimuler le secteur privé en développant des politiques plus incitatives pour les entreprises. Le Maroc a notamment créé la Casablanca Finance City (CFC) pour soutenir le commerce intra-africain, tandis que la Tunisie prévoit l’ouverture de la moitié de son économie aux investisseurs étrangers. ·        

Le défi à long terme : la nécessité de créer des emplois. Une main d’œuvre relativement bien éduquée est l’un des meilleurs atouts que possèdent de nombreux pays de la région. En revanche, ces pays ne disposent pas des opportunités économiques adéquates pour répondre aux besoins de leur main d’œuvre qualifiée en matière d’emploi. Avec près de 68 millions de personnes supplémentaires en âge de travailler – plus que la main d’œuvre allemande aujourd’hui – d’ici 2050, les dirigeants politiques doivent s’efforcer de créer un environnement économique favorable aux investissements. ·        

Le défi à court terme : les problèmes politiques et de sécurité restent les principaux risques qui pèsent sur l’Afrique du Nord. Les difficultés politiques et de sécurité représentent des obstacles pour les investissements public et privé. Les économistes de PwC ont démontré que des risques politiques élevés entrainent l’élévation des primes de risque et, par conséquent, l’affaiblissement des taux d’investissement.

Les meilleures opportunités en Afrique du Nord résident dans le secteur du tourisme

Le tourisme représente une opportunité pour les entreprises qui souhaitent investir en Afrique du Nord. Au Maroc, le tourisme contribue à près d’un cinquième de l’activité économique du pays. Si l’Egypte et la Tunisie venaient à répliquer ce succès, les économistes de PwC estiment que le tourisme pourrait générer 16 milliards de dollars d’activité économique supplémentaire dans ces deux pays. L’Egypte et la Tunisie pourraient ainsi relancer leur croissance et développer de nouvelles opportunités dans d’autres secteurs : de l’industrie légère à la logistique en passant par la restauration et ses services.
 
Le Maroc possède également un solide secteur financier, qui pourrait servir de point d’entrée pour les entreprises de cette industrie souhaitant développer leur présence en Afrique. Olivier Salesse conclue : « La nouvelle révolution qui attend les pays d’Afrique du Nord consistera à relever les défis politiques et de sécurité pour tirer profit des promesses économiques de cette région. »


Antoine Balduino

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