La crise va-t-elle imposer l’Etat Providence aux Américains ?10 Avril 2009
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Traditionnellement, les Américains voient d’un mauvais œil l’intervention de l’Etat dans les affaires économiques, son rôle devant se limiter à la régulation. Mais, face à la crise, les mentalités commencent à changer.
Plus de quatre millions de personnes ont perdu leur emploi depuis l’entrée des États-Unis en récession voici déjà plus d’un an. Chômage croissant, paupérisation des travailleurs, ménages sur endettés… Autant d’éléments qui font que les Américains souhaitent désormais un coup de pouce de l’État.
Barack Obama a d’ailleurs été élu grâce à un programme interventionniste. Malgré l’aggravation de la crise, le Président américain jouit toujours d’une forte popularité. 60 % des Américains se disent satisfait des actions de Barack Obama. Le plan de relance économique adopté par un Congrès à majorité démocrate prévoit une aide totale de 787 milliards de dollars. Mais l’intervention de l’Etat ne se limite pas qu’à l’économie. Ainsi Medicaid, la caisse d’assurance maladie pour les personnes et familles à faibles revenus, recevra des aides de la part de l’Etat. Au total, les programmes sociaux bénéficieront de 500 milliards de dépenses publiques. Le gouvernement américain vient de proposer l’adoption par le Congrès d’une importante réforme du système de santé américain, estimant que c’est là un devoir non seulement moral mais aussi financier, étant donné le coût énorme des soins de santé pour l’économie américaine. Si la réforme est adoptée, il est probable que l’Etat aura un plus grand rôle à jouer, aux dépens des assurances privées qui règnent dans le pays. Barack Obama ne veut pas s’arrêter là, il souhaite également augmenter la place de l’Etat dans les domaines de l’éducation et de l’énergie. Ainsi, le projet de budget pour 2010 prévoit une augmentation des dépenses dans l’éducation et dans l’énergie. Mais les Américains sont-ils prêts à accepter plus d’Etat également dans le social ? Le Président américain fait le pari que oui. Quant aux républicains, hostiles sur le plan de la philosophie politique à tout renforcement de l’Etat et à toute hausse des dépenses publiques, ils espèrent que ce choix sera mal vu des Américains une fois que l’économie sera répartie. Nouveau commentaire :
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